jeudi 30 janvier 2014

Pour quoi suis-je fait?

"Pour quoi suis-je fait? Ce n'est déjà plus une interrogation, c'est un gouvernail. Il y a bien trop de facteurs pour que le hasard soit seul à décider, nous devons avoir une petite part dans ce voyage..." (Yves Duteil)

Le choix d'une profession est le résultat d'un processus complexe!(1)

« Qu'est-ce que je fais vraiment ici ? Suis-je à ma place en droit ou en kiné ? » Il est bien possible que de telles questions vous soient familières. Même si ce n'était pas le cas, rappelez-vous que se repositionner vis-à-vis de son choix est un excellent moyen de mieux s'engager dans ses études et d'être au bout du compte beaucoup plus satisfait de son passage dans les études supérieures et de ce qui en découlera. 

Bien entendu, vos caractéristiques personnelles sont importantes, mais les motivations en cause dans votre choix le sont également. Pour réfléchir à cette dimension, il peut être très utile de vous interroger sur l'origine de votre choix

Vos parents et d'autres personnes de confiance (grands-parents, soeurs et frères, professeurs, etc.) sont les premiers modèles qui ont influencé votre choix professionnel. Il se peut que vous ayez voulu leur ressembler et jouer un rôle semblable au leur. Il se peut au contraire que vous ayez souhaité être le plus différente ou différent possible d'eux. 

Les attentes de votre entourage quant à votre choix professionnel peuvent s’exprimer de différentes manières. Parfois, elles sont explicites et vous avez alors la possibilité d’y réagir. D’autres fois, elles se font plus subtiles et sont ainsi plus difficiles à remettre en question. Comme l’exprime l’auteur Gustav Meyrink : «Les influences qu’on n’arrive pas à discerner sont les plus puissantes». Quelle que soit la manière dont elles s’expriment, les attentes de l’entourage peuvent être ressenties comme une confirmation de vos propres aspirations ou, au contraire, comme une pression à vous conformer qui freine votre affirmation personnelle, qui limite votre liberté de choix et qui influence votre motivation.

Peut-être votre choix est-il un moyen de vous prouver quelque choseje suis capable de réussir la médecine») ou de prouver quelque chose à quelqu'un ou encore une manière de réparer un tort fait à quelqu'un que vous aimez («mes parents ont été victimes d'une injustice, je serai avocate»). Quoi qu'il en soit, comprendre pourquoi vous désirez aider, avoir du prestige ou défendre une cause vous offrira une belle occasion d'être au clair avec vous-même et vous assurera que vous êtes vraiment aux commandes de votre destinée.

Si vous ne parvenez pas à opter pour une orientation, y en a-t-il tout de même une vers laquelle vous inclinez, même légèrement ? Quels risques courez-vous à la prendre ? N'oubliez pas que le fait de ne pas prendre de décision est aussi une décision. Il se pourrait également que certains éléments en vous ou dans la situation ne soient pas suffisamment mûrs pour que vous puissiez trouver une orientation. Il faut parfois savoir attendre, tout en se demandant s'il y aurait des actions à tenter durant cette période pour faire évoluer la situation. Dans les cas urgents qui requièrent une décision rapide, soupesez les risques (à quelles difficultés vous exposez-vous?) et les mérites (quels apprentissages allez-vous acquérir et leur utilité) 
de chaque option, et choisissez celle qui vous apparaît la moins mauvaise et pour laquelle vous vous sentez en mesure d'assumer les conséquences.

Dans les situations difficiles, il peut aussi être utile de faire appel aux autres. Ils n'ont pas à décider à votre place, mais ils peuvent vous écouter, vous rappeler vos forces, vous donner des pistes de solutions, vous refléter vos attitudes ou vous faire voir le problème autrement. Il demeure que la décision vous appartient: vous êtes la personne la mieux placée pour sentir ce qui est le meilleur pour vous!


Nathanaël LAURENT
______________________________________________
(1) Cet article reprend des conseils proposés aux étudiants de l'Université Laval (Québec)

Besoin d'un bilan d'orientation? N'hésitez pas à faire appel à COGITO

mardi 14 janvier 2014

Internet peut-il aider à étudier?

"Pour connaître les réponses, il faut vivre les questions." (Rainer Maria Rilke)
"La question authentique n'est pas supprimée par la réponse trouvée." (Heidegger, Question I, 75)

Si étudier c'est chercher des réponses, alors internet est votre allié!

Ne commence-t-on pas à étudier lorsque la compréhension fait défaut? Et lorsque quelque chose n'est pas clair, que la logique d'un raisonnement nous échappe, ne faut-il pas chercher où le fil conducteur est rompu, c'est-à-dire s'interroger au sujet des données qui nous manquent pour faire progresser l'étude en question?

Si vous répondez affirmativement à ces questions, alors vous reconnaissez comme moi que le processus aboutissant à la connaissance d'une matière est celui-ci :

Je ne comprends pas/plus --> Je me pose des questions --> Je cherche des réponses --> Je trouve ET je retiens (car le fil conducteur est rétabli!)

Intéressons-nous à l'étape où  "je cherche des réponses". Où chercher? Les notes et le syllabus constituent votre principale source bibliographique, mais cela ne suffit parfois pas... Regardons donc ailleurs: il est admis que notre époque est marquée par la révolution du "Big Data": "en 2014, l'humanité produira 40.000.000.000.000.000.000.000 de données" (1), parmi lesquelles il serait bien surprenant que vous ne trouviez pas votre "bonheur"! En outre, le 21ème siècle prétend déjà nous avoir fait entrés dans une nouvelle aire de l'éducation, celle de "l'école sans frontières grâce à Internet", ce qui renforce encore notre idée de faire de la toile un outil d'apprentissage que les étudiants - en période d'examens notamment - ne devraient pas sous-exploiter.

Posons dès lors une question tout à fait pratique: comment Google, yahoo, BingAsk, et bien d'autres moteurs de recherche moins connus ou en passe de le devenir, peuvent-ils contribuer à "nous élever" et à "cultiver notre esprit"?

Pour répondre, considérons séparément les deux éléments suivants:
  1. Ces moteurs de recherche ont accès à une quantité énormes de données - nous l'avons déjà souligné - susceptibles de contenir les informations qui vous manquent pour comprendre votre cours.
  2. Ces moteurs permettent de faire des recherches "avancées", c'est-à-dire d'utiliser une grande quantité de critères qui filtreront les données trouvées susceptibles de combler vos lacunes.
Remarquons que la toile n'est donc bien qu'un outil. Comme n'importe quel outil (songez par exemple à vos premiers pas dans l'art de l'écriture à l'aide d'un stylo vers l'âge de 6 ans) il n'est qu'un moyen d'atteindre un but qui le dépasse, d'une part, et il n'est bien utilisé que lorsque l'on a appris à s'en servir, d'autre part. Bref internet ne vous éduque pas directement, vu qu'il n'est que le prolongement de votre questionnement... ce dernier étant le point de départ et le point d'arrivée du processus d'apprentissage dont vous êtes le seul pilote ! 

Pour stimuler votre capacité à utiliser internet lorsque vous étudiez, voici quelques fonctionnalités pas forcément très connues, mais qui pourront vous faire gagner beaucoup de temps lors de vos recherches:
  • CALCULER. Tapez par exemple dans la barre de recherche de Google les expressions suivantes: 67*46 ; x^7 + 5
  • CONVERTIR. Tapez à présent les expressions :10mL en dm^3 ; 10 dollars en euros
  • Les GUILLEMETS. Tapez entre des guillemets l'expression exacte que vous cherchez et Google la cherchera telle quelle dans sa base de données (parfait pour retrouver une source précise, vérifier un plagiat, cibler sa recherche, etc.)
  • SOUSTRAIRE des données. Tapez un terme et ensuite un autre directement précédé du signe "moins", ce qui aura pour effet de soustraire toutes les données qui contiennent ce dernier terme. Essayer par exemple: étudier -conjugaison
  • L'ASTERISQUE. Il s'agit du caractère "joker". Si vous tapez par exemple "syndrome *", le moteur de recherche vous trouvera directement une liste de syndromes et de données associées.
Enfin, lorsque défile sur votre écran la liste des résultats de votre recherche, n'oubliez pas d'utiliser votre esprit critique (ici aussi internet vous éduque!). Voici quelques conseils de base en la matière:
  • Wikipedia peut vous mettre sur la piste d'informations sérieuses relatives à votre sujet de recherche. Ce site à l'avantage de rassembler un tas d'infos sur une multitude de sujets précis... mais ce n'est qu'une piste! Utilisez les infos trouvées sur wikipedia pour faire de nouvelles recherches qui les valideront et les complèteront.
  • Familiarisez-vous avec les sites scientifiques avérés: FNRS (Belgique), CNRS ou INRA  (France), PubMed (publications scientifiques), Universités, ... Lorsque vous ouvrez une page, cherchez-y l'auteur et l'institution d'origine! Google scholar peut vous faire gagner beaucoup de temps...
  • Si vous êtes dirigé vers un Blog, redoublez de prudence: identifiez le plus précisément possible l'auteur et cherchez ses références (diplôme, publications, etc.). Evitez de croire n'importe quoi proféré par "n'importe qui" (d'aussi bonne volonté soit-il!).
Bonne recherche à tous!

Nathanaël Laurent, au nom de toute l'équipe des formateurs de COGITO
_________________________________________
(1)  Chiffre mentionné par Eric Chol dans l'éditorial du Courrier international, n°1209, 2-8 janvier 2014.

mardi 17 décembre 2013

Organiser son blocus...


"S'organiser: Prendre les dispositions convenables en vue d'un résultat déterminé; être prêt pour quelque chose." (Larousse)

Calendrier, horaire, échéances, objectifs ... sachez comment démarrer un blocus!

Pour organiser correctement le blocus qui débute dans quelques jours, il convient de se poser 4 questions et de prendre le temps d'y répondre sans plus attendre:

1. "Quelles sont les échéances?"
Vérifiez que vous avez près de vous la date et l'heure de chaque examen.Vous savez dès lors par la même occasion combien de temps vous avez à votre disposition pour vous préparer.
Observez bien: la distance entre chaque examen, quand sont programmés les examens portant sur les grosses matières, mais aussi sur la/les matière(s) que vous aimez moins.

2. "A quelles exigences vais-je devoir répondre?"
Pour chaque matière, retournez voir les notes du premier et du dernier cours, ainsi que les toutes premières pages du syllabus: c'est à ces endroits que le prof a exposé les objectifs de son cours, qu'il a parlé de ses exigences et de l'examen.
QCM? Questions ouvertes? Les deux? A quels types de questions devez-vous vous attendre? Cherchez bien, il y a toujours moyen de trouver des exemples! Questions ciblées, de synthèse, transversales: autant d'objectifs précis auxquels vous devez vous préparer, de cibles à atteindre, et donc d'indications sur la bonne manière d'étudier.

3. "Où en suis-je dans mon travail d'étude?"
Pour chaque matière, faites le point sur l'état de vos connaissances et/ou de votre ignorance. Pour ce faire, repérez sur l'échelle suivante où votre travail d'étude s'est arrêté (faites cela pour chaque matière) :


4. "Comment vais-je gérer mon temps?"
En fonction de l'état actuel de votre étude (réponse à la question 3), des objectifs à atteindre (réponse à la question 2) et des échéances (réponse à la question 1), il ne vous reste plus qu'à organiser votre blocus:

1ère décision: "Combien d'heures par jour vais-je étudier?" 
Entre 8 et 12 heures, selon la quantité de travail que vous aurez à produire (cf. question 3 ci-dessus).

2ème décision: "Quand vais-je me détendre?" 
Une pause courte toutes les 2 heures en moyenne et une pause plus longue par jour pour faire du sport ou s'octroyer une détente plus consistante.

3ème décision: "A quelle heure vais-je me lèver et à quelle heure vais-je aller dormir?" Essentiel! Apprenez à vous connaître, mais n'oubliez surtout pas de vous mettre des limites... Si vous aimez les grasses matinées mais que l'étude de vos 6 cours n'est pas très
avancée, vous feriez mieux de faire sonner le réveil à 7h00!

4ème décision: "Combien de temps vai-je consacrer à chaque matière?"
Question délicate pour bon nombre d'étudiants! La réponse dépend de 2 facteurs:
1) La quantité de matière à assimiler: plus il y en a, plus cela prendra de temps.
2) La méthode employée pour réaliser ce travail: moins elle est efficace, plus cela prendre de temps.

En ce qui concerne la méthode, l'échelle que nous vous avons proposée ci-dessus peut vous servir de guide: elle mentionne les étapes clés d'une étude efficace! 
Pour en savoir plus à ce sujet ou pour obtenir une aide, 3 solutions:
  • Lisez nos articles plus anciens sur ce blog;
  • Commandez nos "Facilitateurs d'étude", des manuels pour vous apprendre à bien étudier;
  • Participez à une semaine de Blocus Assisté COGITO, du 25 au 30 décembre et/ou du 01 au 05 janvier, dans un cadre adapté, avec des professeurs pour vous coacher.
Bon travail!

Nathanaël LAURENT

mardi 26 novembre 2013

Comprendre l'échec, trouver des remèdes.

"L'avenir ne se prévoit pas, il se prépare." Maurice Blondel
"Il n'y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va." Sénèque

Pourquoi tant d'étudiants échouent aux examens de janvier?

Malgré tous les efforts fournis par les enseignants et organismes d'enseignement pour faire acquérir aux étudiants de bonnes habitudes, ainsi que les aptitudes nécessaires à la réalisation d'un travail d'étude efficace, les faits sont là: le taux d'échec à l'issue de la session de janvier est considérable.

Prenons un exemple: en janvier dernier, 81% et 82% des étudiants de 1er baccalauréat en médecine étaient en échec à l'ULB et à l'UCL respectivement. 

Face à une telle "catastrophe", nous ne pouvons nous empêcher de chercher des raisons, c'est-à-dire d'identifier les pierres d’achoppement qui, au sein du système éducatif, font trébucher tous ces étudiants. Deux grands types de problèmes sont au moins repérables:
  • Ceux relatifs à l'orientation qui commande le niveau de motivation de l'étudiant. Un problème d'orientation fait chuter la motivation de l'étudiant, ce qui entraîne une baisse drastique du temps consacré aux études.
  • Ceux relatifs à la méthode de travail qui contrôle la rentabilité de l'étude. Si l'étudiant s'y prend mal pour rencontrer les exigences de ses professeurs, il court vers l'échec.
Intéressons-nous de plus près à cette 2ème catégorie de problèmes et posons une question simple: quelles exigences peut bien rencontrer l'étudiant lors de la session de janvier auxquelles il ne soit pas préparé?

Nous pouvons repérer au moins 4 grandes "nouveautés" face auxquelles les dizaines d'étudiants que nous accompagnons chaque année ne sont pas bien préparés. Les répertorier permettra, nous l'espérons, à beaucoup d'autres étudiants dans la même situation à mieux évaluer où ils vont:
  • Certains examens sous forme de QCM. Il semble que les étudiants aient été préparés surtout à faire face à des questions ouvertes, soit par écrit, soit oralement. Or en premier baccalauréat, le QCM a tendance à s'imposer de plus en plus! Pour s'y préparer, nous vous renvoyons à notre article sur ce blog.
  • Des supports de cours sous forme de diapositives (slides). Alors que les étudiants ont surtout été préparés à résumer un cours (repérer la structure et les informations pertinentes), il s'agit au contraire dans ce cas de figure de donner de la chair à un support ultra synthétique. Or ce type de support fait croire à tord à l'étudiant qu'il a déjà sous les yeux un résumé du cours! Pour donner du corps aux diapositives il faudra se poser beaucoup de questions (cf. ci-dessous)!
  • Des listes de questions en guise de "tuyaux". Les étudiants sont toujours friands de questionnaires de révision, qu'il s'agisse de questions données officiellement par le professeur ou de questions provenant officieusement d'examens antérieurs. Or trop d'étudiants limitent leur étude à une lecture compréhensive de la matière avant de directement répondre à ces questions. Ces étudiants se partagent souvent le travail consistant à trouver la bonne réponse à chaque question... et il ne leur reste plus qu'à apprendre "par cœur" ces réponses. Résultat: de très grosses difficultés rencontrées lors de l'examen !
  • Être de plus en plus actif et par dessus tout curieux. Voilà l'exigence la plus marquante sans doute, et la plus déconcertante pour tant d'étudiants qui ont réussi leurs études secondaires sans beaucoup travailler. Pourtant, dans les études supérieures, il ne s'agit plus simplement de recevoir l'information et de répondre à des questions. Au contraire il est indispensable de se poser soi-même des questions et d'aller soi-même chercher des réponses dans les supports de cours et auprès des enseignants. La bonne méthode de travail consiste donc à apprendre à se poser des questions et à chercher la réponse (la curiosité entraîne l'acquisition du savoir) ... et pas seulement à répondre à des questions posées par d'autres au moment de l'examen (c'est alors trop tard pour apprendre!).
Nathanaël LAURENT

mardi 12 novembre 2013

Blocus de décembre et examens de janvier: c'est maintenant qu'il faut agir!

"Ca y est … Il est temps … Tu fais des adieux déchirants à ta vie sociale, à la dernière guindaille tu t’accroches au bar comme une huître à son rocher mais il faut devenir adulte, l’espace d’1 ou 2 mois tout du moins! Tu traînes des pieds pour aller t’enfermer des semaines durant dans ta chambre ou dans ta seconde résidence (la bibliothèque), oubliant ce qu’est l’hygiène et la conversation : direction le Blocus !" (Laura Geeraert)

Et si la formule idéale existait pour préparer les examens de janvier?

Les examens de janvier ont ceci de particulier:
  • Il s'agit d'une première fois pour tous les étudiants qui entament des études supérieures.
  • Ils sont organisés juste après une période riche en distractions (en décembre, c'est Noël, puis le Nouvel an... réveillons, cotillons et compagnie).
  • L'hiver: période propice à la déprime!
  • Le "blocus" officiel est court (du 21 décembre au 05 janvier): les étudiants n'ont pas l'équivalent du congé de Pâques pour prendre l'avance!
En conséquence, il s'agit de ne pas se tromper de stratégie et de se donner toutes les chances de réussir ces premiers examens qui font mal chaque année à bien des étudiants. Concrètement, le plan d'attaque est simple:
  • Il reste 6 semaines avant la fin des cours et donc autant de temps pour déjà étudier - ce qui ne signifie pas juste comprendre, mais aussi mémoriser! - la matière vue de chaque cours, en commençant par les plus volumineux, difficiles, redoutables.
  • Un planning doit être réalisé dès maintenant pour organiser le travail durant ces 6 semaines: il s'agit d'inclure des périodes d'étude entre les cours, travaux pratiques, loisirs, transports, etc.
  • Respecter un équilibre: vous vous organisez pour anticiper, pour éviter de travailler dans l'urgence, pour avoir le temps de réaliser ce qui est important; dès lors il vous faut "ménager votre monture" et vous octroyer des récompenses, des pauses.
Pour être stratégique, il convient également de songer dès à présent au blocus proprement dit (officiel)
  • Dans quelles conditions travaillerez-vous entre le 21 décembre et le 05 janvier de manière à produire un travail d'étude efficace
  • Comment comptez-vous vous y prendre pour vous évaluer avant les examens de telle sorte que vous puissiez valider votre connaissance (compréhension et mémorisation) de la matière? 
Si cette session d'examens est bien la première pour vous, ne sous-estimez pas l'importance de ces questions et les moyens nécessaires pour y répondre.

Sachez que le blocus idéal existe. Il s'agit d'un investissement rentable, comme en témoignent auprès de journalistes de la RTBF des étudiants venus y préparer l'été dernier leurs examens de seconde session :



Nathanaël LAURENT

lundi 28 octobre 2013

Mémoriser c'est structurer, et apprendre c'est inhiber!

"L'apprentissage est une modification de la capacité à réaliser une tâche sous l'effet d'une interaction avec l'environnement." (Olivier Houdé, psychologue français)

Quoi de neuf du côté de la "neuropédagogie"


I. La mémoire: quelques mises au point s'imposent

Alain Lieury, chercheur à Rennes 2  et auteur de l'ouvrage "Le livre de la mémoire" paru cette année, nous donne à l'occasion d'une interview des précisions intéressantes au sujet de la mémoire:

- "Beaucoup de gens pensent à tort qu’il existerait une mémoire visuelle, auditive ou olfactive. En réalité, nous savons que les mémoires sensorielles sont éphémères."

- "Des expériences ont montré que des bruits simples (circulation ou aspirateur) ne gênent pas la mémorisation. C'est la même chose pour la musique, classique ou jazz. En revanche, dès qu'il y a des paroles, surtout si elles sont en français, il y a une baisse de l'efficacité de 40 % ou plus."

- "On ne peut pas tout apprendre. C’est pourquoi il est important de structurer l’information avec des chapitres, des sous-chapitres… Il faut vraiment rédiger ce résumé soi-même et éviter d’acheter des fiches dans le commerce car c’est le travail que vous aurez effectué qui vous permettra de mémoriser l’information.

II. Pour apprendre, il faut inhiber nos savoirs naïfs!
Des recherches récentes montrent que le processus d'apprentissage, généralement conçu comme une réorganisation conceptuelle, se définit davantage comme le développement de la capacité à inhiber nos conceptions spontanées.


Voyons cela à partir d'un exemple concret. Une étude (1) datant d'une vingtaine d'année a montré que plus de 25 % des étudiants de première année du baccalauréat en physique croient qu'une balle de métal de la même grosseur qu'une balle en plastique tombera plus rapidement au sol (dans un environnement sans résistance de l'air), et ce, même après un enseignement formel donné sur ce sujet.

Dans une étude réalisée en 2012, Lorie-Marlène Brault Foisy et Steve Masson (Université du Québec à Montréal) montrent que "l'éducation scientifique a des effets tangibles sur le fonctionnement du cerveau". En effet, ces chercheurs ont mis en évidence que les cerveaux de personnes expertes en physique mécanique et de novices en cette science réagissent différemment lorsqu'ils évaluent le même stimulus (la fameuse chute d'une balle de métal et d'une balle en plastique). D'après eux, "Si l'on considère que les activations sont plus prononcées dans le cortex préfrontal pour les experts que pour les novices, il semble que l'inhibition jouerait réellement un rôle dans l'apprentissage de concepts en physique mécanique. Durant le processus d'apprentissage de la mécanique, un élève apprendrait donc davantage à inhiber ses conceptions fréquentes qui lui viendraient spontanément à l'esprit plutôt qu'à les éradiquer ou les restructurer." 

Cette capacité à inhiber, tellement importante dans le processus de l'apprentissage, fait appel au raisonnement, à l'imagination, mais aussi au changement de paradigme. Ainsi, développer une "pédagogie du cortex préfrontal" permettrait de développer les capacités d'inhibition qui sont à l'origine des biais de raisonnement, des erreurs et donc des difficultés d'apprentissage. (Cerveau & Psycho - Mars Avril 2013)

Nathanaël LAURENT
 __________________________________________________
(1) Wandersee, J. H., Mintzes, j. ]., & Novak, j. D. (1994). Research on alternative conceptions in science. In D. L. Gabel (Ed.), Handbook ofresearch on science teaching and learning Opp. 177-210). New York: Macmillan


lundi 7 octobre 2013

Pour atteindre l'arrivée, apprenez à gérer vos réserves.

"La volonté de gagner ne signifie rien sans la volonté de se préparer.
(Juma Ikangaa, Gagnant du marathon de New-York en 1989)

Le marathon a commencé, mais attention au "mur"?


Le 29 septembre, Wilson Kipsang battait le record du monde du marathon. Ce dimanche 06 octobre, le marathon de Bruxelles était couru par près de 6.000 adeptes de l'effort extrême. Tous ont redouté de se cogner au "mur", et ceux qui ont terminé la course ont montré qu'ils étaient capables de gérer leurs réserves d'énergie. 

Ce "mur" correspond à un phénomène physiologique se produisant au moment où les réserves en glycogène de l'organisme sont épuisées: c'est la panne sèche! Il survient généralement entre le 30ème et le 35ème kilomètre.
A 31 ans, le Kényan Wilson Kipsang est d’ores et déjà le seul athlète à avoir terminé à 2 reprises sous la barrière des 2h04' (Reuters)
Il en va de même pour les étudiants qui ont commencé leur marathon le mois dernier. La ligne d'arrivée, ce sont les premiers examens de l'année: qu'il faudra présenter et réussir. Mais pour atteindre ce but, il faut se préparer... il faut même mettre toute sa force et son intelligence dans ce travail de préparation et d'anticipation sans lequel l'étudiant, tout comme le marathonien, se cognera au mur!

Philippe Baudoin, de Sport Passion, explique: "Le coureur qui « frappe le mur » ressent une sensation de jambes coupées, telle une force qui le bloque, d’où l’expression. Il doit considérablement réduire sa vitesse, voire marcher et parfois même abandonner la course.(...) Eviter le mur, ce n’est pas le franchir, c’est le repousser suffisamment loin, idéalement à la ligne d’arrivée, pour ne jamais le heurter."

Pour repousser le mur, seules les réserves comptent: la réussite dépend donc de la bonne constitution et de la bonne gestion de ses forces. Mais de quel mur et de quelles réserves parle-t-on pour l'étudiant?

Le "mur" auquel les étudiants font face peut être chiffré en se basant sur le taux d'abandon: "Dans l’enseignement supérieur hors universités, 26,0 % des étudiants de 1ère année en 2008-2009 ne sont plus répertoriés dans la base de données en 2009-2010 (abandon), ils sont 26,9 % dans les universités." (Observatoire de l'Enseignement Supérieur). Comme pour le marathonien, le mur surgit pour l'étudiant alors qu'il a déjà parcouru 3/4 de la course: c'est surtout en décembre, lorsqu'il se rend compte de tout ce qu'il faudra assimiler durant 10 à 15 jours de blocus, que l'étudiant est soudain arrêté net dans son élan. Surviennent le doute, le découragement et la perte de confiance: c'est l'abandon pour certains, alors que d'autres continuent malgré tout mais en "marchant", au ralenti, sans plus y croire.

Alors quelles réserves faut-il avoir constituées et comment faut-il les utiliser? Pour l'étudiant, les réserves d'énergie comprennent 2 types de carburant
  • Un carburant mental: la motivation, l'intérêt et la curiosité. Cette dernière doit être le moteur d'un questionnement qui pourra mener l'étudiant vers la compréhension en profondeur et l'assimilation des matières.
  • Un carburant physique: le temps et le rythme de travail. C'est en répartissant bien le travail d'étude dans l'intervalle de 3 mois et demi qui le sépare de l'arrivée (des examens) que l'étudiant parvient à repousser le mur du découragement et de la perte de confiance. Pour rappel, il ne faut pas travailler tout le temps, mais par contre il convient de commencer tout de suite! La régularité est le secret de la réussite, pour le marathonien comme pour l'étudiant...
Nathanaël LAURENT
__________________________________________________________________________
TIP: Comme les sportifs, les étudiants ont parfois besoin d'un COACH pour les aider à trouver le bon rythme et à bien gérer leurs réserves de motivation et de temps! Les coachs, chez COGITO, sont formés pour répondre au mieux aux plus hautes exigences des étudiants.