samedi 31 janvier 2015

Les ingrédients d'un coaching réussi.
















Comment font-ils réussir les étudiants? Enquête auprès des coachs.

Indépendamment de l’enquête réalisée auprès des étudiants (lire notre article précédent), nous avons interrogé les formateurs travaillant pour COGITO afin de faire connaissance avec leur manière concrète de travailler. 80 % d'entre eux avaient une expérience dans le coaching des étudiants, c’est-à-dire le suivi de l’organisation globale (dans toutes les matières) de leur travail d'étude durant l'année. Typiquement, le coach a eu l’occasion de suivre des formations organisées par COGITO et il encadre un ou plusieurs étudiants à raison de 2h par semaine durant minimum 2 mois.

La moitié des formateurs ayant répondu à l’enquête réalisée en octobre dernier exerçaient le coaching depuis un an. 35 % des répondants pratiquaient le coaching depuis plus d’un an. Enfin, 20% n’avaient pas encore d'expérience en la matière.


Selon les coachs actifs, les qualités requises pour mener à bien le suivi d'un étudiant sont (occurrence dans > 50% des réponses): l'écoute, la compétence (tant dans la connaissance des matières que d'un point de vue pédagogique) et la motivation.80% des répondants (coachs actifs et non actifs) associent la réussite du coaching à l'acquisition par l'étudiant d'une méthode de travail valable et 60% d'entre eux l'associent à la réussite des examens . La régularité de l'étudiant et l'entente entre le coach et l'étudiant sont considérés dans une moindre mesure comme des facteurs de réussite du coaching (40% et 35% d'adhésion respectivement).
Pour faire réussir le coaching, 100% des répondants mettent en avant l'importance du planning (quand et quoi étudier), tandis que 83% et 75% d'entre eux relèvent respectivement le rôle crucial de la méthode de travail (comment étudier) et de la qualité des explications. Le fait d'interroger l'étudiant à chaque séance intervient dans la réussite du coaching pour 67% des répondants, et la régularité des rendez-vous pour 58%. Par contre, la disponibilité en dehors des rendez-vous, la première séance et le fait d'être exigent vis-à-vis de l'étudiant dès le 2ème rendez-vous ne contribuent à la réussite du coaching que pour 25 à 30% des répondants.

En ce qui concerne les difficultés que rencontrent les coachs actifs, les plus relevées sont la confusion entre le coaching et le cours particulier, ainsi que le manque de régularité de la part de l'étudiant (mauvaise gestion du temps, pas de vision des objectifs sur le long terme). Globalement, les réponses sont cohérentes et manifestent bien à quel point le travail du coach est conditionné par la mise en place de certains équilibres cruciaux:

  • Apporter des explications de qualité à l'étudiant, MAIS sans que la séance ne se transforme en cours particulier; 
  • En sans inverse, faire acquérir une méthode de travail à l'étudiant et lui apprendre à gérer son temps, MAIS sans oublier de s'impliquer dans l’explication du contenu des matières. 
  • Ecouter, motiver et nouer un bon contact avec l'étudiant, MAIS en gardant le contrôle de l'exigence à son égard (afin qu'il respecte les objectifs et s’approprie la gestion de son temps de travail). 
Que conclure de notre enquête?
L’enquête auprès des formateurs montre qu’à l'unanimité ils considèrent le planning comme outil de première importance dans le cadre du coaching. Par ailleurs, l’enquête auprès des étudiants pointait la gestion du temps comme source importante de difficultés. Le coaching répond donc parfaitement aux besoins des étudiants.

En dehors de cette problématique principale à laquelle répondent donc en priorité les coachs travaillant pour COGITO, une deuxième relation entre ces deux enquêtes peut être relevée : alors que 9% des problèmes rapportés par les étudiants concernent l’autoévaluation (le fait d’évaluer ses connaissances préalablement à l’examen), 67 % des coachs soulignent de leur côté qu’il s’agit d’un élément important contribuant à la réussite du coaching (faire acquérir une bonne méthode de travail). Notre interprétation de ce résultat est la suivante : d’une part, les étudiants qui débutent dans les études supérieures découvrent que l’examen devient dans la grande majorité des cours la seule et en tout cas la principale évaluation ; d’autre part, ils ne réalisent pas que c’est à eux de se charger à présent des évaluations régulières et intermédiaires qui facilitaient grandement leur apprentissage durant les études secondaires. L’efficacité de l’accompagnement des étudiants repose donc en partie sur le fait de les interroger régulièrement et de leur montrer l’importance de l’autoévaluation dans le travail d’étude (et notamment de mémorisation).

Nathanaël LAURENT

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dimanche 25 janvier 2015

La formation en méthode travail: une source précieuse d'informations.

Enquête: quels problèmes rencontrent le plus souvent les étudiants?

Au fil de nos rencontres avec des centaines d'étudiants dans le cadre de formations en méthode de travail (Journée de formation en méthode de travail ou Blocus Assisté), nous récoltons des informations relativement aux difficultés qu'ils rencontrent et qui justifient leur demande d'aide. Plutôt que de déballer des recettes toutes faites, nous privilégions en effet l'écoute et prenons pour point de départ la réalité vécue par les étudiants. Pour ce faire, nous leur donnons le temps d'exprimer ce qui n'a pas été et de mettre des mots sur les problèmes qu'ils perçoivent.


Voici un aperçu des problèmes les plus fréquemment rencontrés. Si l'enquête ne nous révèle rien d'extraordinairement nouveau (tous ces problèmes sont bien sûrs connus), elle peut néanmoins nous faire réfléchir à la manière dont les étudiants interprètent leurs difficultés (en les sous-estimant parfois) et à la façon dont certains problèmes s'articulent entre eux.

Du point de vue méthodologique, nous nous sommes penchés sur les difficultés exprimées par 136 étudiants participant à une formation en méthode de travail. Il s’agissait d’étudiants de baccalauréat interrogés à la suite d'une session d'examens. Plus précisément, la consigne donnée aux étudiants était la suivante : "formulez en quelques mots, une phrase maximum, mais le plus précisément possible, le ou les problème(s) qui, de votre propre point de vue, a(ont) fait obstacle au bon déroulement de votre travail d’étude". 

Le graphique n°1 présente la fréquence de différents types de problèmes au sein des réponses écrites par ces étudiants. En respectant au maximum la formulation des réponses, nous les avons rassemblées au sein de 11 catégories.

Parmi les problèmes rencontrés le plus fréquemment on trouve bien entendu la méthode de travail (31%): c'est en effet la raison principale de leur présence à nos formation. Viennent ensuite  la gestion du temps (29,5 %), la mémorisation (24 %) et la concentration (23 %). Au sein du groupe de réponses rassemblées sous l’intitulé « trouver une méthode de travail », nous observons que 24 % d'entre elles concernent le fait de se demander si la méthode doit être adaptée à la matière étudiée ou plutôt à la personne qui l'étude.


Le graphique n°2 permet de préciser la nature des problèmes associés aux examens. Il montre que 50 % des problèmes relatifs aux examens concernent les questionnaires à choix multiples (QCM).


Que retenir de ces résultats? Les problèmes que nous relevons concernent essentiellement l’organisation du travail d’étude personnel de l’étudiant, tâche pour laquelle il est livré à lui-même et manque cruellement de repères. Des problèmes liés à la compréhension des matières n’ont été que très marginalement exprimés par les étudiants et n’apparaissent pas dans notre tableau. Vis-à-vis de ces derniers problèmes, l’étudiant sait en effet qu’il recevra d’une manière ou d’une autre une aide extérieure satisfaisante. Par contre, en ce qui concerne le fait de savoir quand, quoi et comment étudier, l’apprenant se sent bien d’avantage en danger, ne sachant pas s’il pourrait être aidé et où trouver cette assistance.

Il n’est pas facile d’ouvrir cette boîte noire qu’est la « méthode de travail », sorte d’écran derrière lequel les étudiants se réfugient pour faire part de leurs difficultés. De fait, un peu moins d’un tiers des réponses (31 %) renvoient à ce problème global consistant à trouver une manière adéquate de travail.

Notre enquête permet pourtant de cerner plus précisément des difficultés que rencontrent les étudiants : « gérer son temps », « mémoriser », « se concentrer », « rentabiliser son travail », « sélectionner l’information pertinente », sont autant de points sensibles qui s'articulent pour mettre en évidence le coeur même de la méthode de travail. Ainsi, rentabiliser ne signifie rien d’autre que gérer son temps de telle sorte qu’étant pleinement concentré, l’étudiant parvienne à mémoriser un maximum d’informations pertinentes en un minimum de temps. Le problème central relève donc le plus souvent de la gestion du temps!


Notre expérience nous permet également de dire que les difficultés relatives à l'autoévaluation et à la motivation sont certainement sous-évaluées par les étudiants. En effet, une part importante de notre formation sera consacrée à ces 2 piliers importants de la méthode de travail: d'un côté, la motivation entraînera l'intérêt qui, lui même, éveillera la capacité à se poser des questions (moteur indispensable du travail d'étude); d'un autre côté, l'autoévaluation doit remplacer les interros organisées par les profs durant les études primaires et secondaires, et c'est elle qui structure le travail durant une période comme le blocus.

La question de savoir si la méthode est déterminée par soi ou par la matière, est un autre élément intéressant. Les étudiants manifestent ainsi leur ignorance relativement à la manière d’organiser leur travail d’étude qui permettrait d’accorder les exigences de chaque professeur, les spécificités de chaque matière et leurs propres habitudes. En effet, ils n'apprennent souvent pas  à s’approprier les objectifs fixés par chaque professeur dans chaque matière (via la préface, l’introduction et la table des matières d’un syllabus, par exemple), avant de vérifier si leurs habitudes d’apprenant (lire, écrire, parler, faire des résumés, etc.) sont susceptibles ou non de les leur faire atteindre. Prenons un exemple : lire n’est suffisant que si la compréhension de la matière est seulement exigée (ce qui n'est bien entendu presque jamais le cas!) ; par contre si les objectifs à atteindre impliquent un travail de mémorisation, la lecture ne sera jamais suffisante.

Enfin, concernant les examens, le résultat de l’enquête laisse clairement apparaître que les étudiants ne sont pas préparés à cette forme d’évaluation qu’est le questionnaire à choix multiples. Or on constate que face à l’accroissement du nombre d’étudiants dans certaines filières d'études supérieures, les professeurs emploient de plus en plus le QCM, qui est particulièrement adapté à l’évaluation de grands groupes (correction automatique de grilles optiques ; objectivité accrue ; etc.). Paradoxalement, les étudiants ne reçoivent aucune formation concernant la manière de gérer ce type d’examen qu’ils n’ont le plus souvent pas rencontré dans le secondaire (lire notre article à ce sujet).


Nathanaël LAURENT

mercredi 31 décembre 2014

Le temps c'est des points!

Apprenez à bien gérer votre temps durant l'examen.

Après une période de préparation intense (le blocus!), il faut affronter la session d'examens et pas de n'importe quelle manière. Prendre quelques minutes pour anticiper son comportement durant ces épreuves n'est certainement pas inutile. Ce qui importe à l'étudiant c'est de mettre au maximum en valeur ses acquis: qu'il soit totalement prêt ou presque prêt, ou encore en retard sur telle ou telle partie de la matière, il faut qu'il utilise à 100% les ressources qu'il a emmagasinées. A nouveau il sera question de gestion du temps... et oui, c'est bel et bien la qualité principale de celui qui vise la réussite dans ses études.

Rappelons pour commencer comment se présentent les examens:
  • 2 manières d'être évalué: par écrit ou oralement
  • 2 catégories de questionnaires écrits: avec questions ouvertes et/ou questions à choix multiples (QCM)
  • 3 types de questions écrites: ciblées (réponses très courtes), générales (élaborer un texte avec ou sans schémas au sujet d'un élément du cours) ou transversales (faire des liens entre les infos vues dans toute la matière)
  • 2 phases de concentration à bien distinguer: la 1ère concerne le fond (tout ce dont l'étudiant se rappelle et qui pourrait servir à élaborer une réponse) et la 2de concerne la forme (la manière dont il convient d'organiser et de présenter la réponse pour répondre aux attentes du professeur)
Ceci étant établi, reprenons une à une les 3 grandes catégories d'examens et réfléchissons à la meilleure manière de gérer son temps pour chacune d'elles:

1. L'examen écrit, questions ouvertes:
- Premièrement, il convient de mettre en garde les étudiants: à leur insu ou non le professeur peut utiliser la durée de l'examen comme moyen d'évaluation! En effet, s'il prévoit un temps de réponse court pour chaque question il favorise de la sorte les étudiants qui maîtrisent le mieux la matière.
- Deuxièmement, avant de rentrer dans la 1ère phase de concentration (voir ci-dessus), il importe de faire un rapide état des lieux du questionnaire:
  • Repérer les questions ciblées, qui appellent des réponses courtes et rapportent souvent peu de points, et les questions générales/transversales qui exigent une réponse plus élaborée et rapportent normalement beaucoup de points.
  • Repérer parmi les questions générales/transversales, celles qui semblent plus compliquées, surprenantes, voire hors du champ de la connaissance acquise. Cette étape permet de déjà lire une première fois certains énoncés.
- Enfin, une bonne gestion du temps respectera les consignes suivantes:
Commencer par répondre aux questions générales/transversales qui rapportent beaucoup de points et auxquelles on peut répondre. Il faudra veiller à faire un plan de réponse au brouillon afin de ne pas négliger la 2de phase de concentration (voir ci-dessus).
2° Ensuite répondre aux questions ciblées qui prennent moins de temps et que l'on peut encore traiter même en dernière minute.
Enfin, occuper le temps restant soit à traiter les questions générales/transversales auxquelles il paraissait à 1ère vue difficile de répondre (ce cas de figure doit évidemment rester le plus exceptionnel possible), soit à relire les réponses déjà rédigées en cherchant les erreurs et en se focalisant au maximum sur la présentation (orthographe, syntaxe, ponctuation, éléments importants soulignés, etc.)... il ne sert effectivement à rien de relire sans se mettre à la place de celui qui corrige!

2. L'examen écrit, QCM:
- La première remarque faite au sujet de l'examen écrit avec questions ouvertes est toujours valable: il peut arriver qu'un examen dure 60 minutes et comprennent au moins 60 questions avec pour chacune 5 propositions!
- Ensuite, la règle d'or du QCM à points négatifs est de répondre à un minimum de question (lire notre article à ce sujet). Pour ce faire, l'étudiant pourra s'aider d'un code à 3 sigles permettant de traiter rapidement les questions qu'il parcourt linéairement, et de revenir éventuellement sur celles qui suscitaient une hésitation: Le "V" indiquera qu'une réponse a été trouvée avec un haut degré de certitude; le "?" indiquera que la question suscite une hésitation entre 2 propositions ou plus; enfin une "X" signifiera que la question est trop difficile et qu'elle ne pourra entraîner qu'une perte de temps. Si l'étudiant a encore le temps, il pourra rapidement comptabiliser le nombre de points positifs acquis (le nombre de "V") et mesurer ainsi le risque qu'il doit ou non prendre par la suite.
- Enfin, quelques petit conseils supplémentaires peuvent être proposés:
  • Quand c'est possible, répondre à la question (au brouillon) avant de lire les propositions.
  • Souligner dans chaque proposition des mots-clés tels que ceux qui marquent une extension: "parfois", "souvent", "toujours", "jamais", "partout", "certains", "tous", etc.
  • Repérer les marques de négation (simple ou double) et comparer les propositions négatives et/ou affirmatives.
3. L'examen oral:
- Il est souvent possible de préparer certaines questions et il faut toujours essayer de savoir ce que va faire le professeur avec la préparation: soit il la lit et il faut dès lors qu'elle soit soignée (en fait il s'agit ici d'une sorte d'examen écrit avec questions générales/transversales), soit il demande tout simplement à l'étudiant d'exposer oralement sa/ses réponses et la préparation est alors considérée comme une sorte de brouillon. Le professeur donnera toujours une indication sur le temps de préparation minimal.
- La gestion du temps est beaucoup plus délicate lorsque le professeur pose à l'improviste une ou plusieurs questions supplémentaires à l'étudiant, le baladant dans la matière et évaluant ainsi jusqu'à quel degré de précision il maîtrise cette dernière. Le mot d'ordre est ici: rassurer (lire notre article à ce sujet)!
L'étudiant doit prendre le temps de rassembler les informations utiles pour répondre, mais il ne peut pas prendre non plus trop de temps, car alors l'interrogateur s'impatienterait et pourrait donner lui-même des éléments de réponse. Le truc consiste donc à rapidement donner un indice indiquant au professeur que l'on a compris l'enjeu de la question et que l'on chercher réellement à élaborer une réponse. Il ne pourra dès lors pas interpréter le silence comme un signe d'ignorance et l'étudiant aura le temps de compléter progressivement sa réponse.

Nathanaël LAURENT
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Pour découvrir comment gérer de manière optimale les examens, lisez notre facilitateur d'étude "J'assure les examens".

vendredi 19 décembre 2014

Réussir son blocus nécessite de faire les bons choix

"Tu peux être invincible, si tu n'engages jamais aucun combat où il ne dépende pas absolument de toi de vaincre." (Epictète)

A chaque matière sa méthode!

L'objectif de cet article est de montrer aux étudiants l'importance d'adapter leur méthode de travail à chaque type de matière qu'ils devront apprendre durant le blocus. Il s'agit donc pour chaque cours d'opérer un choix (comment vais-je étudier cela?), et plus fondamentalement il s'agit donc d'apprendre à discerner ce sur quoi nous pouvons agir. Dans un premier temps nous allons analyser un tel fondement. Ensuite nous aborderons l'action de choisir pour chaque type de matière une méthode appropriée.

Epictète, philosophe de l'école stoïcienne (1er et 2è siècles ap. J-C.), nous livre des pensées dignes d'inspirer encore de nos jours les étudiants les plus motivés à l'approche du blocus d'hiver. Sa pensée la plus célèbre, et celle qui nous servira ici de point de départ, est la suivante: "De toutes les choses du monde, les unes dépendent de nous, les autres n'en dépendent pas. Celles qui en dépendent sont nos opinions, nos mouvements, nos désirs, nos inclinations, nos aversions; en un mot, toutes nos actions."


Toutes sortes de choses échappent ainsi à la volonté des étudiants: le fait de devoir présenter et réussir des examens, les modalités pratiques de ces derniers (durée, nombre de questions et degré de difficulté, avec ou sans questionnaires à choix multiples, etc.), la durée du blocus, le fait qu'une journée comprenne 24h, etc. On pourrait encore ajouter le fait que ce blocus d'hiver est traditionnellement jalonné de festivités dont profiteront certainement toutes les personnes n'appartenant pas à la catégorie "étudiant".

Mais ce qui importe c'est de discerner, comme Epictète nous enjoint à le faire, "toutes nos actions", à savoir toutes ces choses qui dépendent de notre volonté et qui exigent donc de notre part un véritable choix. Concrètement, voici les 5 choix que doit poser l'étudiant afin de mener efficacement son blocus:
  • Sur les 16 heures disponibles chaque jour du blocus (envisageons que 8h soient réservées au sommeil), combien de temps il consacrera à l'étude et combien à la détente;
  • Durant quelle période de la journée (matin? après-midi? soir? nuit?) il va surtout concentrer son travail d'étude;
  • Dans quel environnement il va travailler pour être le plus rentable possible: dans sa chambre, dans une salle de bibliothèque, avec l'aide d'un répétiteur, loin du gsm, des séries télé et autres distractions, etc.
  • Dans quel ordre il va étudier ses cours (par quoi commencer?);
  • Pour chaque matière, comment il va s'y prendre pour rencontrer les exigences du prof;
Nous y voilà! C'est à ce dernier point que nous voudrions à présent porter attention. C'est qu'il s'agit d'un facteur clé susceptible de passer inaperçu aux yeux de certains étudiants... Trouver la méthode de travail qui convient à chaque matière requiert de se poser 2 questions essentielles:

1. Avec quel(s) support(s) vais-je étudier?
Distinguons plusieurs cas de figure:
- Les notes de cours sont le support principal: il faut que vos notes soient les plus complètes possible (aidez-vous éventuellement de résumés ou de notes partagées sur des réseaux sociaux)
- Le syllabus qui accompagne le cours est complet et en format "texte"
- Le syllabus est complet et en format "diapositives" (lire notre article à ce sujet)
- Le professeur se sert d'un ou plusieurs livre(s) de référence

Dans tous les cas il faudra éviter de perdre son temps à lire (relire, re-relire) ou à faire des résumés. Le travail d'étude efficace consiste bien plutôt à s'interroger sur les objectifs du cours, sur sa structure (plan, fil conducteur), et à faire des synthèses (voire notre article qui explique pourquoi des synthèses valent mieux qu'un résumé)

2. Comment le prof va-t-il m'évaluer lors de l'examen?
Pour ce qui est de l'évaluation, il importe de chercher au plus vite des informations relatives à l'examen:
-  Il ne pourra se présenter que sous 3 formes: oral, écrit avec questions ouvertes, écrit avec questionnaire à choix multiples (les 2 dernières formes peuvent être combinées)
- Il comprend: pas, peu, beaucoup ou exclusivement des exercices.

Deux remarques très importantes doivent ici être introduites:
- Premièrement, il ne s'agit pas de simplement refaire les examens d'années antérieures (si vous en possédez), de juste vérifier que vous savez répondre à quelques exemples de questions données par le prof, ou encore à des questions "tuyaux" partagées par d'autres étudiants. Ce qui compte c'est de se familiariser avec les TYPES de questions dont le prof se sert pour évaluer ses étudiants: questions ciblées, mises en situation, questions transversales, etc. 
Voici un réflexe que tout étudiant devrait acquérir: à partir d'un exemple de question d'examen donné, commencer à imaginer toutes ses variantes possibles!

- Deuxièmement, en lisant "exercice" vous songez sans doute à tout ce qui ne rentre pas dans la catégorie "théorie". Or il importe de bien réaliser que mémoriser la théorie consiste également en un exercice! 

Ainsi, pour les cours de mathématique, physique, chimie, statistique, et autres matières appliquées, étudier signifie 1° comprendre la théorie, 2° refaire soi-même les raisonnements qui conduisent aux principes, lois et autres explications/démonstrations, et 3° faire des exercices d'application (nouveaux, de plus en plus difficiles, et toujours en évitant de s'aider de la réponse). Idem pour les matières appliquées des sciences humaines (versions latines, casus de droit appliqué, etc.).

Mais pour les cours dits "théoriques" (sciences du vivant, histoire, certains cours de droit et de sciences économiques, etc.), l'exercice consistera à faire des synthèses (voir plus haut) et à s'en servir pour apprendre à expliquer soi-même la matière: l'étudiant doit alors jouer le rôle du prof! La mémorisation à long terme repose en fait sur 3 piliers: l'intérêt pour la matière, la capacité à faire des synthèses, la répétition du jeu de rôle consistant à se mettre à la place du prof.

Reste encore les cours de langue qui allient connaissances théoriques (grammaire) et pratique: n'apprenez pas "par coeur" des listes de règles de grammaire ou de mots de vocabulaire, mais inventez plutôt des situations qui vous permettent de converser. Autrement dit, créer vous-même des phrases et arrêtez-vous de temps en temps pour justifiez chaque forme grammaticale employée.

Nathanaël LAURENT

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Tip of the week! Avez-vous songé à l'étude en groupe? Travailler ensemble peut favoriser la compréhension et stimuler l'intérêt pour l'étude.
Expliquer aux autres améliore notre propre compréhension de la matière et nous fait gagner de l'assurance... Découvrez notre formule de blocus qui permet tout cela!

dimanche 30 novembre 2014

Neuro-éducation: la curiosité stimule la mémoire

"Je n'ai pas de don particulier, je suis juste passionnément curieux." (Albert Einstein).

Pour apprendre et mémoriser plus efficacement, un étudiant doit cultiver sa curiosité! Nathanaël LAURENT (1)
De nos jours, les neurosciences scrutent les moindres recoins de notre cerveau et tentent, expérience après expérience, d’en percer les mystères. Fut ainsi récemment portée sur les fonts baptismaux une discipline portant le nom de « neuro-éducation », dont les résultats devraient intéresser les éducateurs et mamans d’enfants en âge d’être scolarisés, du primaire au supérieur.
Que l’apprentissage gagne à la répétition, que le sommeil consolide les acquis d’une journée d’étude, ou que l’attention renforce les apprentissages, sont aujourd’hui des vérités étayées par la science. En s’appuyant sur les avancées de l’imagerie cérébrale (IRM, électroencéphalographie, tomographie, etc.), les neuroscientifiques montrent comment le cerveau intervient dans divers processus de notre vie mentale : pensée, conscience, émotions, empathie, calcul, lecture, etc.
S’agissant de notre faculté d’apprentissage, l’enjeu est important : il s’agit ni plus ni moins de distinguer parmi les techniques et conseils en tous genres que nous prodiguons à nos élèves et/ou enfants, ceux qui sont « réellement » efficaces.
Prenons l’exemple de la curiosité. Depuis Aristote, nous savons que cette faculté conduit à l’étonnement, origine de la philosophie. En suscitant un questionnement, l’intérêt conduit à la connaissance : apprendre à connaître une chose consiste à trouver des réponses aux questions que nous nous posons à son égard. Toute information est une réponse à une question préalable. Pour connaître, il faut donc commencer par être curieux !
Imaginons un professeur qui se présenterait pour la première fois à ses étudiants. Il déciderait de s’adresser à eux en ces termes : « Très chers étudiants, je vous souhaite la bienvenue. Je serai votre professeur de telle matière. Je vous pose la question suivante : que voulez-vous savoir sur cette matière ? Je vous écoute ». Silence garanti !
Pourtant, une étude parue récemment dans la revue Neuron montre que la curiosité facilite grandement l’apprentissage. Selon les chercheurs américains à l’origine de cette publication, lorsqu'une personne manifeste de la curiosité, son cerveau subit des modifications qui lui permettent d'apprendre plus aisément, mais aussi de retenir les informations mémorisées sur le long terme.
« Nos résultats pourraient avoir des implications considérables pour le public, en cela qu'ils révèlent comment une forme de motivation intrinsèque – la curiosité – affecte la mémoire », souligne Matthias J. Gruber de l'université de Californie à Davis, co-auteur de l’article. Et le chercheur de poursuivre en précisant que « ces résultats suggèrent des manières d'améliorer l'apprentissage à l'école et dans d'autres environnements. » (3).
Dans le cadre de cette expérience, les scientifiques ont interrogé les participants afin d’évaluer leur degré de curiosité. Ils leur ont posé un grand nombre de questions diverses, en attendant 14 secondes avant de leur dévoiler la bonne réponse. Durant ce délai, des images de visages dénués de lien avec la question ou la réponse étaient soumises aux sujets. Les participants passaient ensuite un examen d’IRM fonctionnelle (voir encadré), et se trouvaient soumis à une interrogation sur les questions posées précédemment et sur la reconnaissance des visages présentés. Les résultats montrent qu’en cas d’intérêt pour les matières abordées dans les questions, les participants mémorisent mieux les réponses aux questions, mais également les visages !
Matthias Gruber explique que « la curiosité met le cerveau dans un état d'éveil permettant d'apprendre et de retenir toutes sortes d'informations, tel un tourbillon qui aspire ce que vous êtes motivé à apprendre, mais aussi ce qu'il y a autour ». Ces découvertes confortent l’hypothèse selon laquelle la curiosité active la mémorisation d’informations suscitant l’intérêt, mais également d’informations incidentes, et ce par le biais de l’action d’un neuromédiateur spécifique, la dopamine, sur l’activité d’une structure cérébrale bien précise, l’hippocampe.
En conclusion, cette étude scientifique confirme ce que nous pressentions depuis bien longtemps : la curiosité active naturellement nos capacités d’apprentissage. Serait-ce une évidence ? Pas sûr ! Combien d’enseignants prennent-ils comme point de départ les centres d’intérêt des apprenants, aussi simples, naïfs et divers soient-ils ? 
À bien y réfléchir, une année scolaire ou académique devrait débuter et se terminer par un examen. En septembre, les étudiants questionneraient et mettraient leurs professeurs sur le grill de leur curiosité. Durant l’année, le prof s’attacherait à voir la matière en l’articulant concrètement aux intérêts de ses étudiants. Enfin l’année se conclurait par un examen visant à évaluer les connaissances acquises. Utopique ? Je vous laisse juger.
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L’IRM, c’est quoi ?
L'imagerie par résonance magnétique (IRM) est un examen radiologique, totalement indolore, qui fournit des images « en tranches » de l'organisme. Les images obtenues par résonance magnétique sont le résultat de l'interaction entre le magnétisme naturel du corps et celui de la machine pourvue de gros aimants. L’IRM fonctionnelle (IRMf) est utilisée pour l'étude du fonctionnement du cerveau. Elle consiste à enregistrer des variations locales du flux sanguin cérébral là où des zones sont stimulées. La localisation des zones cérébrales activées est permise grâce à l’aimantation de l’hémoglobine riche en fer et contenue dans les globules rouges du sang.

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(1) Article paru dans le N°65 du magazine M...Belgique (5-11 juin 2015, pp. 48-49). L'auteur remercie vivement  cette revue d'avoir accepté de publier ce texte, ainsi que Mr Drieu Godefridi pour avoir apporté de nombreuses et utiles suggestions et corrections.  
(2) Docteur en sciences biomédicales, Master en philosophie, Nathanaël Laurent enseigne dans le supérieur. Il est également responsable des formations en méthode de travail au sein de l’école d’accompagnement COGITO SAFS.
(3) Gruber et al., 2014, « States of Curiosity Modulate Hippocampus-Dependent Learning via the Dopaminergic Cirsuit », Neuron, 84, 1-11.

lundi 17 novembre 2014

Après les bonnes résolutions, il est temps de revenir à la raison!

Les 10 commandements pour réussir les examens de janvier!

Les médias rappellent chaque année de bons conseils adressés aux jeunes qui entament des études supérieures dans nos Hautes Ecoles et Universités. Si l’intention est louable, le moment choisi pour diffuser ces informations est quant à lui inapproprié.
L’habitude des bonnes résolutions dispensées en début d’année est tenace, bien qu’inefficace. Leur effet est éphémère, mais c’est la bonne conscience qui l’emporte dans ce cas sur la raison. En début d’année académique les étudiants qui débarquent en baccalauréat reçoivent ainsi leur pack de bonnes résolutions qu’ils rangeront bien sagement dans un coin de leur chambre. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il s’agit d’une sorte de charte morale imposée, leur parvenant au moment précis où ils découvrent la liberté! Cette liberté (plus de devoirs ni de leçons, la vie en kot pour certains, la présence non obligatoire aux cours pour les universitaires, etc.) balaiera aisément le kit d’étudiant modèle proposé.
Ensuite viennent les conseils qui surgissent durant le blocus ou carrément pendant la période d’examens. Si les premiers débarquaient trop tôt, ces conseils-ci arrivent trop tard. C’est un travail régulier durant tout le quadrimestre qui peut assurer à l’étudiant de réussir ses examens, pas juste un « blocus parfait »!
On peut enfin repérer une troisième période de l’année au cours de laquelle les étudiants reçoivent un peu d’attention : après les examens, lorsque le constat d’échec est posé. Le couperet est alors inlassablement le suivant: "60% d’ajournés"! Les tentatives pour tirer des leçons de ce piètre résultat ne manquent pas, mais le fait est qu’aucun changement perceptible n’est observé.
Envisageons dès lors les choses autrement. Cela fait 2 mois que les étudiants fréquentent les auditoires et c’est précisément maintenant que se décide en grande partie la réussite de leur année. Les rites d’introduction (baptême, bizutage, peu importe leur appellation) s’achèvent et le nombre de chapitres enseignés commence à croître sérieusement. Les introductions et autres rappels sont bel et bien terminés et le rythme s’accélère.
Plutôt que des bonnes résolutions ou des conseils tombant au mauvais moment, nous proposons aux étudiant(e)s en cette période cruciale de l’année 10 commandements. Bien que « libres » de gérer leur vie comme bon leur semble, les bacheliers doivent découvrir ce qu’est l’autonomie, à savoir la capacité de se fixer soi-même des limites. Nos commandements ont donc pour but d’indiquer à l’étudiant(e) là où il doit se fixer des limites s’il veut mettre toutes les chances de réussite de son côté.
1° Adapte-toi à ton nouvel environnement.
Plus rien à voir avec les études secondaires! Ce n’est pas que la quantité de matière qui augmente, mais c’est surtout la manière d’apprendre qui est carrément nouvelle. Chaque étudiant doit prendre conscience que c’est à présent à lui d’aller chercher le savoir, que c’est à lui de dénicher des informations et d’en dégager une structure, un fil conducteur.
2° Anticipe!
Les examens clôturent une phase d’apprentissage, mais cela ne veut pas dire qu’il faut attendre la fin des cours pour s’y intéresser. La manière dont se déroulera l’examen (oralement, par écrit, avec des questions ouvertes et/ou à choix multiples) détermine la méthode de travail qui convient pour s’y préparer.
Par ailleurs l’anticipation détermine également en grande partie la qualité de la prise de notes. Lire le cours (syllabus) à l’avance est une perte de temps, mais étudier le plan du cours à l’avance fera gagner en efficacité tout le processus d’apprentissage. Il faut se préparer à assister à un cours comme on prépare un citytrip: en connaissant la "carte" de la matière.
3° Fais le lien entre tes multiples activités et le temps dont tu disposes.
Pour apprendre à se mettre des limites et à trouver un équilibre intéressant entre travail et loisirs, rien de tel que répertorier dans un agenda toutes les activités qui s’imposent (cours, séminaire, travaux pratiques, trajets, activités sportives régulières, mouvements de jeunesse, sorties entre amis, etc.). Il est alors possible de cerner précisément le temps libre restant et de décider par soi-même (autonomie!) de le consacrer à l’étude.
4° Adopte un rythme, vise la régularité.
Ce n’est pas la quantité mais la qualité qui compte en matière de travail d’étude. Croire que l’on peut tout étudier (mémoriser) durant le blocus est une erreur gave. D’une part c’est la régularité du travail personnel qui rend l’effort gagnant (quel sportif s’entraîne uniquement la veille d’un compétition?); d’autre part ce travail régulier doit être un véritable travail d’étude : non pas simplement lire pour comprendre, mais décortiquer la matière pour mémoriser.
5° Comme si tu étais un acteur : répète!
La répétition est indispensable pour la mémorisation, mais beaucoup trop d’étudiants confondent deux manière de répéter: il y a la pure répétition par cœur, intensive et limitée dans le temps (le plus souvent quelques jours, voire quelques heures avant l’examen) et il y a la répétition cumulative et étendue au maximum dans le temps. Seule cette dernière rend efficace l’étude. Le principe est simple: à chaque fois que je travaille un nouveau chapitre, je raconte (je répète) ce que contiennent les précédents… et je veille à espacer l’étude des différents chapitres.
6° Révise, entraîne-toi, simule.
Apprendre à s’autoévaluer est une étape indispensable pour qui vise la réussite de ses études supérieures. "Bloquer" n’est pas synonyme, comme on le croit trop souvent, de "mémoriser", mais signifie bien plutôt "réviser". Il faut pendant le blocus s’interroger en prenant pour modèle des exemples de questions d’examen. Pour ce faire il faut donc avoir déjà étudié avant le blocus!
7° Connais-toi toi-même et récompense-toi !
Apprendre à se connaître est une autre étape cruciale sur le chemin de la réussite. Quand et où vai-je étudier? Seul ou avec d’autres? En parlant, en écrivant, en marchant, en chantant? Combien temps puis-je rester concentré? Comment vais-je présenter la synthèse de mon cours (tableaux, arbres, etc.)? Que vais-je faire pour me détendre après l’effort? Répondre à ces questions permet de se motiver avant le travail, et donc permet de rendre ce dernier efficace.
8° Profite de tes réseaux sociaux.
L’union fait la force, c’est notre devise, alors pourquoi travailler seul? A plusieurs les étudiants peuvent certainement se mettre au travail, s’interroger les uns les autres, échanger des infos utiles, s’imposer une discipline. Pourquoi l’évènementiel, pour les bacheliers, se situerait-il pas là également, dans l’organisation de réunions de travail, de rencontres studieuses, de séances de révision?
9° Sois curieux !
"La curiosité augmente la capacité des gens à apprendre et à retenir de nouvelles informations, grâce à des centres de récompense et de mémorisation dans le cerveau." Voilà ce que rapportait la prestigieuse revue scientifique Nature dans son numéro du 9 octobre dernier (volume 514, p. 143) en faisant référence à une étude récente apportant la preuve scientifique que la curiosité augmente la mémoire. Etre curieux consiste à se poser des questions et à aller chercher des réponses (dans les notes, le syllabus, auprès du professeur, etc.). Trouver une information qui répond à une question que l’on s’est posée revient à la mémoriser durablement. Il n’y a rien de magique à cela, mais nous sous-exploitons généralement nos capacités mnémoniques… par manque de curiosité. 
10° Fais-toi aider avant qu’il soit trop tard.
Savoir chercher de l’aide quand ça ne va pas est également fait également partie de l’autonomie. Reconnaître ses propres limites c’est également une manière de se mettre des limites! L’étudiant qui n’a pas compris une partie de matière, qui ne sait pas faire certains exercices, ou bien qui ne parvient pas à lutter contre la procrastination, doit demander de l’aide.
Tout comme un sportif professionnel est coaché pour lui permettre d’exploiter au maximum son plein potentiel, les qualités de l’étudiant ont parfois besoin d’un accompagnement pour s'exprimer.

Nathanaël LAURENT

samedi 8 novembre 2014

Faire des résumés? Pas un bon plan!

"L'activité dite de résumé a un statut qui peut être ambigu. Elle est parfois très proche de la restitution (...), dans d'autres cas elle exige une activité préalable d'analyse et une reformulation assez conséquente."
(J.L. Wolfs, Méthodes de travail et stratégies d'apprentissage, 2001, De Boeck, p. 21)

Résumer: pour le meilleur et pour le pire.

Lorsque Tacite employait 
au 1er siècle de notre ère le verbe resumere, il souhaitait rendre compte d'une activité bien précise que nous traduirions aujourd'hui par "reprendre" ou "recommencer" (reprendre le combat, ou reprendre et rétablir un malade).

Les anglophones ont d'avantage conservé l'idée de poursuivre quelque chose, après une interruption par exemple: "they've resumed work" est ainsi traduit par "ils ont repris le travail". Par contre, les francophones ont détourné cette signification originaire pour lui donner la tournure que nous connaissons bien: résumer consiste à reprendre en abrégeant.

Ce qui fait la valeur d'un résumé est sa capacité à "ne rappeler que les points importants, et à donner à chacun d'eux le plus de force, mais le moins d'étendue qu'il est possible" (Jean-François MARMONTEL, Oeuv. t. IX, p. 242). Les professeurs de français en font un exercice important qui a toute sa place dans le programme des études secondaires. Il s'agit alors de vérifier la compréhension qu'a acquise d'un texte l'apprenant via son aptitude à en reprendre les idées principales en respectant la structure du texte d'origine, mais en condensant le propos et en employant des mots différents. Dans un tel exercice, deux compétences au moins sont donc évaluées: 1) pouvoir ré-exprimer avec ses mots à soi le message énoncé dans le texte étudié (en respectant les idées et leur structure d'enchaînement), et 2) condenser en un minimum de phrases le message véhiculé par ce texte. On trouve facilement des méthodes très précises décrivant comment réaliser correctement un résumé.

Ceci étant dit, venons-en à l'essentiel de notre propos: peut-on encourager les étudiants à faire des résumés lorsqu'il s'agit d'assimiler le contenu de notes, syllabi et autres supports du cours qui feront l'objet d'examens durant les années de baccalauréat et de master?

Puisque le résumé est un texte réécrit dans un espace limité, de nombreux étudiants en font spontanément leur arme favorite: ne rêvent-ils pas de limiter au maximum ce travail ingrat qui consiste à mémoriser? Imaginez que votre syllabus compte 600 pages: n'est-il pas tentant d'en extraire un résumé de 60 pages qu'il "suffira" d'apprendre une fois le blocus venu? Aller à l'essentiel et économiser son effort, tels sont les mots d'ordre. Le blocus  étant limité dans le temps, ne convient-il pas de donner de la place à tous les cours? En condensant, en réécrivant l'essentiel avec ses propres mots, n'a-t-on pas trouvé la méthode de travail idéale?

C'est pourtant une très mauvaise stratégie! Le résumé s'avère être un outil utile que dans un nombre très restreint de situations, lorsque pour un cours de sciences humaines (littérature ou histoire typiquement) il est demandé de condenser l’argumentation d'un ou plusieurs ouvrages entiers. Le résumé sera dans ce cas un moyen pouvant rendre plus aisées l'analyse critique et la comparaison, qui sont les véritables objectifs poursuivis par l'étudiant.

Dans tous les autres cas (à savoir dans 99% des situations), le résumé n'est absolument pas indiqué, et ce pour au moins 2 raisons essentielles:

1. Il incite l'étudiant, soit à faire un travail de pur recopiage, soit à reformuler avec ses propres mots des idées véhiculant un vocabulaire spécifique qu'il convient au contraire de respecter scrupuleusement. Le premier cas (recopiage) se présente généralement lorsque le professeur a déjà lui-même mis en évidence dans son syllabus les informations importantes (il s'agit d'un zèle pédagogique dont l'utilité est douteuse), ou bien lorsqu'il a lui même écrit ou énoncé un résumé (par exemple à l'entame d'un nouveau cours lorsque l'enseignant rappelle l'essentiel de ce qui a déjà été vu). Dans le second cas (reformulation), il s'agit tout au plus d'un moyen pour l'étudiant de vérifier pour lui-même qu'il a bien compris la matière. Pourtant, au moment de l'examen, le professeur exigera toujours que l'étudiant respecte le vocabulaire nouveau qui a été enseigné: chaque matière est comme une nouvelle langue dont il faut maîtriser l'usage!

2. Il incite l'étudiant à dissocier l'étape de compréhension de la matière de l'étape de mémorisation. Beaucoup d'étudiants passent l'essentiel de leur temps à résumer leurs cours, parfois même "au jour le jour". Ils attendent ensuite le blocus pour mémoriser ces condensés de matières qu'ils ont soigneusement constitués (soit en recopiant, soit en reformulant). Autrement dit, ces étudiants apprendront par coeur un résumé de chacun de leur cours en passant de longues heures à relire, re-relire, répéter oralement, mentalement, ou encore ré-écrire, croyant que cet effort pourra leur assurer la réussite. Grave erreur! Dans ce cas de figure, on rencontre évidemment de nombreux étudiants qui se plaignent de ne pas avoir eu le temps de terminer leurs résumés avant le blocus (c'est une raison couramment avancée pour expliquer un échec), et d'autres qui se réjouissent d'avoir trouvé d'excellents résumés sur la toile, ce qui leur épargne un travail précieux (effectivement, s'il s'agit de purement recopier des parties du cours ou de simplement reformuler dans des mots simples, pourquoi faire soi-même le résumé?). 

Or ce qui compte pour un étudiant c'est de mémoriser son cours tout au long de l'année, au fur et à mesure qu'il en comprend le contenu, qu'il en dégage un plan, une structure (voir nos autres articles à ce sujet), et qu'il y rajoute progressivement des détails en faisant de plus en plus de liens.

Plutôt que de recopier passivement ou de reformuler simplement, et ce en suivant linéairement le cours paragraphe après paragraphe et page après page, l'étudiant promis à la réussite va interroger la matière étape par étape, c'est-à-dire en l'explorant couche après couche (c'est un véritable travail d'archéologue): 

Couche 1. Dégager une vue d'ensemble grâce à un plan. Il s'agit de bien comprendre où veut en venir le prof, quels objectifs il s'est fixés et comment il compte y parvenir: l'introduction et la table des matières doivent être maîtrisées à fond en commençant l'étude (donc bien avant le blocus!).

Couche 2. Pour chaque section de chaque chapitre, se poser systématiquement la question suivante: "que m'apprend-on de nouveau et comment cette information nouvelle se relie-t-elle à ce qui précède?"; mais encore: "dans quelle mesure ces nouvelles données contribuent-elles à réaliser les objectifs fixés aux départ (cf. couche 1)?".

Couche 3. Faire des synthèses, c'est-à-dire regrouper certaines informations détaillées du cours en fonction de fils conducteurs différents (en fonction de critères précis de liaison, voire de comparaison). Plusieurs fils conducteurs permettent presque toujours de décomposer le cours en plusieurs ensembles cohérents d'informations: une ligne du temps si le fil conducteur est historique; un tableau comparatif d'auteurs, de techniques, de théories, etc. Les flèches, tableaux, crayons de couleur, et autres posters sont ici de mise: soyez créatifs!

Et le résumé alors? Pas besoin! Ne vous encombrez pas de choses inutiles et épargnez votre temps pour le mettre au service de la mémorisation à long terme, la seule qui importe vraiment pour votre réussite...

Nathanaël LAURENT
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