mardi 31 mars 2015

Tu fais quoi la semaine prochaine?

Blocus de Pâques: lire et comprendre ou bien mémoriser à long terme?

Le second quadrimestre offre à Pâques une belle opportunité aux étudiants, celle de pouvoir rattraper leur retard éventuel et, surtout, de prendre l'avance en vue des examens de mai-juin.

A côté des conseils traditionnels qui se répètent inlassablement (en résumé: bien manger, bien dormir, gérer son stress, se lever tôt le matin), il nous semble essentiel de rappeler l'objectif n°1 du blocus de Pâques: APPRENDRE!

Et pour apprendre, il ne suffit pas de manger sainement, ni de dormir 8 heures par nuit, ou encore d'avoir prévu de rester 9 heures devant ses cours! Ne tournons pas autour du pot et dénonçons tout de suite le problème qui se présente nécessairement aux étudiants. Un problème rarement avoué et qui, de plus, s'apparente à un véritable dilemme:
  • Soit le travail d'étude, c'est-à-dire la mémorisation, commence dès maintenant, mais alors le risque de tout oublier entre Pâques et le mois de mai semble énorme.
  • Soit le travail de mémorisation est reporté à plus tard, et l' "étude" se réduit à relire, mettre en ordre ses notes, trouver des résumés de cours, comprendre, refaire des exercices.
Conclusion: dans le 1er cas l'étudiant ne mémorise pas, et dans le second cas... il ne mémorise pas non plus! Les 2 chemins conduisent donc à la même impasse. 
Or il est évident que le problème provient d'une mauvaise attitude à l'égard de la mémorisation: dans les 2 cas, l'étudiant craint d'oublier, ce qui signifie que pour lui mémoriser revient à "répéter" la matière après l'avoir comprise. Effectivement, la pure répétition (apprendre par coeur!) entraîne bien une mémorisation à court terme.

La raison que l'on peut avancer pour expliquer cette représentation simpliste de la mémoire est la suivante: les étudiants n'ont pas encore fait activement l'expérience de mémoriser à long terme (1). Activement signifie: faire l'expérience consciemment par soi-même. Pour bien comprendre comment ils en sont arrivés là, rien de tel que de comparer le métier d'étudiant avant et pendant les études supérieures.


Avant, c'est-à-dire durant les études secondaires, l'assimilation des matières reposait essentiellement sur 3 piliers: 1) une pédagogie appliquée par des professeurs dont c'est le métier d'enseigner et qui utilisent un programme spécialement conçu pour activer l'apprentissage (cf. les fameux Socles de compétence); 2) un planning de travail continu imposé (cf. les échéances presque quotidiennes du journal de classe); 3) et enfin des évaluations régulières (interros, contrôles, révisions, examens, etc.). 

Pendant les études supérieures, que reste-t-il de ces 3 piliers porteurs de l'apprentissage? Pratiquement plus rien! Les professeurs ne sont plus des professionnels de l'enseignement (par exemple dans les universités aucun titre pédagogique n'est requis pour enseigner); les étudiants sont libres d'organiser leur travail d'étude comme bon leur semble; et enfin l'examen devient le plus souvent la seule et unique évaluation (il s'agit donc plus précisément d'une évaluation sommative). 

La seule manière de s'en sortir pour un étudiant c'est de découvrir qu'il doit répartir son effort tout au long de l'année, et que pour ce faire il possède un outil formidable: sa mémoire à long terme!

Comment utiliser la mémoire à long terme?
Dans leur ouvrage de référence (2), les psychologues Richard Gerrig et Philip Zimbardo livrent quelques résultats scientifiques particulièrement révélateurs relativement au fonctionnement de notre mémoire à long terme. Ils n'hésitent d'ailleurs pas à les transcrire directement en conseils destinés aux étudiants.
Par exemple, lorsque vous devez mémoriser une liste d'informations descriptives, et que vous avez compris à quel point répéter "par coeur" ne mènerait à rien de bon (cela ne ferait qu'activer la mémoire à court terme), voici ce qui est recommandé: "Vous devrez créer la structure vous-même. Essayez de former des images visuelles ou de construire des phrases ou des histoires qui utilisent ces concepts de façon créative" (p. 183). 

Dans notre jargon, la manière de travailler qui est ici mise en avant est une méthode active consistant à faire des liens: il s'agit de faire soi-même (de manière créative!) des liens entre les informations à assimiler. Soit des liens avec des informations déjà connues (par exemple sous la forme de moyens mnémotechniques), soit des liens entre les informations du cours à apprendre (étude transversale du chapitre, voire de plusieurs chapitres).


Ces mêmes auteurs insistent également sur un autre ingrédient important de la mémoire à long terme, à savoir la mise en contexte. Voici comment les chercheurs en sont arrivés à cette conclusion:

"Les chercheurs ont pu démontrer les effets incroyables du contexte sur la mémoire. Au cours d’une expérimentation, des plongeurs ont appris des listes de mots, soit sur la plage, soit sous l’eau. On a ensuite testé leur mémorisation dans un de ces deux contextes. Leurs résultats étaient environ 50% meilleurs, lorsque les contextes d’encodage et de rappel étaient les mêmes – même si les listes n’avaient rien à voir avec l’eau ou la plongée (Godden & Baddeley, 1975). De même, les gens ont eu de meilleurs résultats aux exercices de mémoire, quand le tempo de la musique de fond était le même pour l’encodage et le rappel (Balch & Lewis, 1996). Dans une autre étude, les performances des participants ont été améliorées, lorsque l’odeur de chocolat était présente, à la fois pendant l’encodage et le rappel (Schab, 1990)." (p. 175)

A nouveau l'étudiant est invité à faire des liens, cette fois entre les informations et des éléments contextuels. L'idée est de former un contexte précis lors de l'encodage, et d'utiliser plus tard ce même contexte pour récupérer des informations qui lui auront été associées. Cela peut être un contexte visuel, olfactif, auditif... mais aussi conceptuel. Par exemple, essayez d'étudier en racontant une histoire: il était une fois la physique mécanique, ou le droit romain, ou encore le coeur humain. La mémoire à long terme fait donc encore appel à votre créativité, et ce faisant étudier deviendra certainement une activité plus "amusante" que lorsque vous ne faisiez que lire, relire, recopier, répéter mentalement... Voici comment les auteurs formulent leur conseil fondé sur la spécificité des circonstances d'encodage:

"Le principe de la spécificité de l’encodage suggère que le contexte de récupération doit correspondre au contexte d’encodage. À l’université, le 
«contexte» signifiera souvent «le contexte d’autres informations». Si vous étudiez toujours dans le même contexte, il vous semblera difficile de récupérer l’information dans un contexte différent – si un professeur traite un sujet d’une façon un peu inhabituelle (lors de l'examen), vous risquez d’être totalement perdu. Pour y remédier, vous devez changer de contexte même pendant que vous étudiez. Revoyez l’ordre de vos notes. Posez-vous des questions qui mêlent différents sujets. Essayez de faire de nouvelles combinaisons." (p. 183)

Concluons...
Nous disions plus haut que la seule manière de s'en sortir pour un étudiant c'est de découvrir qu'il peut mémoriser à long terme. Nous avons vu comment. 
Ajoutons simplement que si cette leçon est bien comprise, alors le blocus de Pâques sera le gage d'une belle réussite en fin d'année!

Le travail de mémorisation à long terme dans lequel s'engagera l'étudiant à Pâques lui permettra de gagner beaucoup de temps, et donc de gérer sereinement la période qui le mènera jusqu'aux examens de mai-juin. 

Pour apprendre à bien gérer sont temps, il convient de commencer par apprendre à mémoriser convenablement!

Nathanaël LAURENT
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(1) Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises dans nos articles précédents l'importance de la mémoire à long terme: lire par exemple ici, ou là, et encore ici.
(2) Psychologie, Pearson, 2008, 18ème édition, chapitre 7 "La mémoire".

Tip: Le meilleur moyen de bien bloquer à Pâques, c'est de le faire dans un cadre studieux, entouré de personnes compétentes. C'est pourquoi notre Blocus Assisté vous ouvre ses portes!

vendredi 20 mars 2015

Croyez en votre originalité, ne piquez pas les idées des autres!

"Camomille: C'est de toi? - Antoine: Quoi? Camomille: Ce que tu viens de dire. - Antoine: Je l'espère. On ne sait jamais. J'ai le plagiat inconscient." (Jean Anouilh, Les Poissons rouges ou Mon père ce héros)


Le plagiat: pourquoi il sévit, comment l'éviter.

Le site de référence en la matière plagiarism.org l'affirme sans ambages: "Le plagiat est un acte de fraude. Il s'agit à la fois de voler le travail de quelqu'un d'autre et de mentir à ce sujet par la suite." Or la pratique du "copier-coller" s'est à ce point intensifiée ces dernières années, que les universités, hautes écoles et écoles secondaires ont du se décider à partir en croisade pour lutter contre ce fléau. 

Qu'il s'agisse d'une enfreinte aux lois sur la propriété intellectuelle (informations à ce sujet ici) ou de  manière plus générale du vol d'un travail intellectuel produit par autrui (ce travail peut être alors très ancien et libre d'accès), le plagiat doit être dénoncé pour le bien de tous: il importe que chaque étudiant(e) ou thésard(e) développe ses capacités de questionnement et de créativité, d'une part, et que notre société puisse compter sur des personnes capables d'innover (découvrir, inventer, penser autrement, faire des associations nouvelles, etc.), d'autre part.

Sans porter de jugement moralisateur, nous voulons essayer de comprendre ce phénomène et pourquoi certaines personnes en arrivent à envisager - souvent sans mauvaise intention - cette pratique.

Qui sont les plagieurs?
Commençons par souligner, comme le font des observateurs de l'Université Catholique de Louvain,  que "dans 90% des cas, il s’agit de plagiat par ignorance" (Source). Ce qui signifie que les étudiants ignorent les règles et autres critères relatifs à la qualité d'un travail intellectuel. 

Pourquoi refaire le travail si il a déjà été réalisé? Pourquoi tenter de formuler autrement si cela a déjà été si bien écrit/expliqué? Si c'est là, c'est pour s'en servir, non? Voilà quelques exemples de réflexions qui soutiennent sans doute la logique du plagieur.

Une enquête servant souvent de référence a permis en fait d'identifier une dizaine de types de plagiat observés avec des fréquences variables (Turnitin: The Plagiarism Spectrum). Le phénomène est donc plus complexe qu'il n'y paraît!

De son côté, la professeure de marketing et de communication de l'Université de Genève, Micelle Bergadaà, parle sur son site de "phénomène de délinquance du savoir". Cette spécialiste reconnue du plagiat distingue ainsi 4 profils de plagieurs: le manipulateur, le bricoleur, le tricheur et le fraudeur. Chacun de ces plagieurs respecte plus ou moins nos valeurs morales et se comporte avec plus ou moins d'autonomie (détails de cette analyse sur le site mentionné).

Globalement, on peut dire que dans la majorité des cas 
le plagiat n'est pas la faute du plagieur, mais qu'il est plutôt dû à un manque d'information, de communication, et finalement à un défaut d'éducation. Ainsi, à l'Université de Mons on affirme que "le plagiat ne correspond pas nécessairement à une fraude délibérée mais peut aussi simplement procéder d’une éducation encore imparfaite aux méthodes adéquates de recension et de restitution des informations" (Source).

Comment plagie-t-on?

Il faudrait plutôt demander "comment ne plagie-t-on pas?" (voir plus loin), vu la facilité avec laquelle on peut insérer des phrases toutes faites dans un travail: 1) il suffit d'interroger une base de données (souvent en introduisant simplement quelques mots-clés); 2) un ou plusieurs documents traitant du sujet sont ainsi trouvés; 3) nous sommes alors tellement contents d'avoir déniché exactement ce que nous cherchions (c'est même parfois mieux qu'espéré!) que nous nous empressons de l'importer dans notre travail. Oui mais alors, ce travail est-il encore le nôtre? Qu'a-t-il encore d'original? Quelle est sa raison d'être?

Si vous vous rendez-compte que le "copier-coller" pose problème - parfois parce que le style de votre travail n'est plus homogène -, vous pouvez alors être tenté de pratiquer la paraphrase. Il s'agit alors de formuler en d'autres mots l'information, l'idée, l'explication que vous avez trouvée. Mais la paraphrase n'est-elle pas également considérée comme du plagiat? La réponse n'est pas unanime, mais il semble prudent de signaler que certaines institutions assimilent cette "technique" à du plagiat. C'est par exemple le cas de 
l'Université de Liège: "L'ULg considère qu'il n'est pas possible, ni conforme au processus d'expression de la pensée en milieu universitaire, de distinguer sur ce point le fond de la forme. Dès lors, la paraphrase ou réécriture partielle ou complète d'un passage emprunté sans mention explicite de la source est, elle aussi, tenue pour plagiat." (Source)

Nous estimons ici nécessaire de distinguer au moins 2 cas de figure: 
1) Dans le cadre d'un travail relevant des sciences exactes (physique, chimie, biologie, mais aussi d'autres sciences empiriques et formelles), et plus précisément de parties de ce travail visant à faire un état des lieux des connaissances acquises, il est presque inévitable de reprendre telles quelles des données précises en paraphrasant simplement les articles qui les ont publiées antérieurement; 
2) Dans le cadre d'un travail relevant des sciences humaines (philosophie, anthropologie, sociologie, histoire, littérature, certaines branches de la psychologie, etc.) il est par contre indispensable d'éviter la paraphrase vu que celle-ci empêcherait la formulation d'une idée nouvelle et l'appropriation d'un concept (à savoir le but 1er du travail!). 

Dans ce dernier cas c'est effectivement le travail d'écriture lui-même qui permet de fabriquer du sens, à savoir de communiquer de l'information. Par contre, dans le cas des sciences exactes ce sont plutôt des faits qui sont communiqués, ce qui n'exige pas un travail d'innovation langagière (ce travail risquerait même d'introduire de la subjectivité!).

Internet: le grand partage?
Cette base de données gigantesque que représente le World Wide Web, et les fabuleux moteurs de recherches qui permettent d'y dénicher toutes sortes d'informations, constituent des outils précieux dont nous aurions tord de nous passer!

S'il est donc possible de travailler avec internet (voir notre article à ce sujet), encore faut-il apprendre à bien manier l'outil, et à ne pas confondre "moyen" et "fin".

Internet offre des tas de compositions (sites, blogs, etc.) qui permettent de traquer l'information pertinente. Il est possible de remonter dans certains cas à la source même de l'information: articles en libre accès ou payant, livres partiellement ou totalement consultables (cf. la législation sur les droits d'auteur dont il est fait mention plus haut). Dans certains cas, c'est la page du site qui représente la seule source d'information accessible.

Au final, il est possible de bien utiliser cet outil en respectant 2 règles d'or:

1. Il faut toujours remonter à la source 1ère de l'information, c'est-à-dire au lieu de sa première formulation. Tant que cette source n'est pas trouvée avec certitude, continuez à chercher!

2. Il faut toujours citer cette source originelle de l'information originale lorsque vous la reprenez telle quelle (sans rien modifier!) dans votre propre travail.

Vive les citations!
La solution consiste donc à citer, puisqu'il vous est alors possible de faire du "copier-coller" en toute honnêteté et en toute légalité.

Il s'agit de reprendre l'idée de quelqu'un d'autre en mentionnant son auteur, et cela de la manière la plus précise possible. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les règles de citation ne sont pas faites pour vous embêter, mais qu'elles permettent au contraire à ceux qui vont vous lire de remonter eux aussi à la source originelle de l'information dont nous venons de parler.

Bref, les citations des autres vous ont aidé à trouver l'information dont vous aviez besoin, et bien vous aussi aidez ceux qui, grâce à votre travail, découvriront des informations pertinentes dans le cadre de leurs recherches!

L'utilisation d'un guide vous apprenant à citer correctement et à rédiger une bonne bibliographie est alors indispensable. Vous trouverez de nombreuses informations à ce sujet sur internet, et nous nous permettons ici de vous conseiller par exemple le manuel réalisé par Bernard Pochet de l'Université de Gembloux (1). Ce guide nous semble être particulièrement pratique, clair et complet (consultable ici).


Organisation et confiance: la meilleure prévention!
A l'Université de Namur, on souligne à juste titre que le manque d'organisation, d'une part, et le manque de confiance en soi, d'autre part, peuvent susciter la tentation de recourir au plagiat (lire ici,p. 6)

Le manque d'organisation se manifeste de 2 manières:
  • Mauvaise gestion du temps: plus vous vous y prenez tard pour faire votre travail, plus vous serez tenté de gagner du temps en reprenant le travail d'un autre ou en rassemblant des parties de travaux existant. Il faut donc lutter contre la procrastination!
  • Mauvaise organisation du travail en lui-même: si vous négligez la première étape de votre travail, vous risquez de plus facilement tomber dans le plagiat. Cette étape consiste à circonscrire une problématique, à formuler une question de recherche et à élaborer une ou quelques hypothèses de travail. Il faut absolument éviter de se mettre à chercher des informations avant d'avoir au moins une problématique et une question de recherche clairement établies! Si ce n'est pas le cas, vous trouverez certainement des documents paraissant avoir fait le travail à votre place... mais quel travail? Ce n'est que si votre question de départ est suffisamment originale que vous pourrez conserver tout au long de votre travail cette exigence d'originalité! Une fois cette 1ère étape franchie, vous pouvez alors établir une ébauche de plan de travail (introduction, méthode, résultats/développement, conclusions, bibliographie), puis partir à la recherche d'informations pertinentes (cf. nos 2 règles d'or ci-dessus), et enfin vous servir de ces dernières pour répondre à votre question de départ (rédaction du travail et insertion de citations).
Le manque de confiance est certainement le plus souvent causé - à votre insu ou non - par cette exigence d'originalité que nous venons de relever: êtes-vous capable de prendre le recul nécessaire pour repérer une problématique? êtes-vous capable de trouver une question originale? ... Et si vous n'y arriviez pas?
Il est possible de remédier au manque de confiance en soi de différentes manières:
  • La problématique et la question de départ vous apparaîtront plus facilement si vous passez par une phase initiale d'exploration: lecture d'un ou deux ouvrages/articles de référence (qui font une revue de la littérature traitant d'un sujet donné); discussion approfondie et "brain storming" avec votre promoteur ou avec le professeur responsable de votre travail (ou avec toute autre personne qui voudra bien vous écouter attentivement).
  • N'hésitez pas à utilisez la technique du Mind Map (lire notre article à ce sujet) de manière à mettre de l'ordre dans vos idées et dans les informations - parfois nombreuses - que vous avez accumulées: vous pourrez ainsi plus facilement faire des liens, mettre en évidence des ressemblances, des disjonctions, voire des contradictions... et donc découvrir de quoi formuler une question de départ suffisamment pertinente et originale.
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(1) B. Pochet, "Lire et écrire la littérature scientifique", Dépôt légal D/2012/1665/118 (réédition 2014) - ISBN 978-2-87016-118-0, Presses agronomiques de Gemboux.

Tip: Si vous souhaitez apprendre à réaliser un travail original sans risque de plagiat, n'hésitez pas à nous contacter: de nombreux formateurs sont à votre disposition pour vous y aider.

jeudi 26 février 2015

Tirer des leçons de ses erreurs est le meilleur moyen d'avancer

"Le champion tire les leçons du passé, concrétise le présent et pense au futur" (Luis Fernandez, footballeur international)
L'erreur consiste à ne pas apprendre de ses échecs.

Les derniers résultats des examens de janvier sont attendus pour cette semaine, et il ne semble pas que les professeurs aient fondamentalement modifié leurs exigences pour s'adapter aux nouvelles conditions du décret paysage. Pour rappel, ce dernier fixe à partir de cette année le seuil de réussite d'un examen à 10/20 (voir l'article de La Libre Belgique à ce sujet).

Le second quadrimestre redémarre donc sans attendre ces résultats, ce qui constitue un piège pour de nombreux étudiants qu'accompagne un sentiment d'insatisfaction suscité par un niveau de performance plutôt faible. Les notes qui leur parviennent petit à petit ne sont pas très élevées, ou bien inférieures à ce qui était espéré. Mais les cours ont repris, et avec eux les habitudes - bonnes ou mauvaises - et les activités diverses qui parsèment l'agenda de l'étudiant.
Pour tous les futurs bacheliers, mais tout particulièrement pour ceux qui viennent de présenter leur première session d'examens, il est urgent de transformer pareil sentiment négatif en moyens positifs pour réussir les épreuves à venir. Se laisser à nouveau emporter par le train-train du rythme ainsi imposé ou subi revient à s'engouffrer dans un cercle vicieux qui ne permettra plus à ces étudiants de sortir la tête hors de l'eau. 

Concrètement, il s'agit de tirer aujourd'hui les leçons du passé, pour améliorer - voire même transformer -  sa façon de travailler: le rythme de travail d'une part (organisation du temps) et/ou la méthode d'assimilation des matières d'autre part. Pour ce faire, tout ce qui a été mis en oeuvre - ou pas - depuis le mois de septembre dernier doit être passé au crible!

Voici notre conseil pour aider les étudiants à réaliser un tel bilan ou diagnostic, rapidement et efficacement. Le plus simple est de commencer par se concentrer sur la session de janvier et de répondre à une série de questions bien précises: 
  1. Pour quelle(s) matière(s) n'ai-je pas eu le temps de tout étudier?
  2. Pour quel(s) cours n'ai-je pas bien compris une ou plusieurs parties de la matière?
  3. Pour quel(s) examen(s) le niveau de difficulté des questions/exercices était-il supérieur à ce que j'attendais?
  4. Pour quel(s) examen(s) ai-je perdu mes moyens à cause du stress?
  5. Pour quel(s) examen(s) un QCM (questionnaire à choix multiples) a-t-il rendu le niveau de difficulté (et d'exigence) plus élevé que prévu?
  6. Pour quel(s) examen(s) n'ai-je pas eu le temps de répondre à toutes les questions, ou de relire mes réponses?
  7. Pour quelle(s) matière(s) ai-je ou vais-je consulter ma copie d’examen?
Grâce à chacune de ces questions l'étudiant va cerner à la fois les matières qui ont posé problème, et les types de problèmes qui sont survenus.

Pour chacune des 6 premières questions il existe un moyen de remédiation précis, à savoir une solution particulière qui permettra à l'étudiant de ne plus reproduire ses erreurs:

  1. Pas eu le temps de tout étudier: Il faut dorénavant remplir un agenda précis et y repérer les périodes durant lesquelles un travail d'étude personnel est envisageable. La décision d'étudier à un rythme régulier pourra alors être prise.
  2. Pas bien compris une ou plusieurs parties de la matière: Il importe de se tourner vers les activités de remédiation proposées (le décret paysage les prévoit) et envisager des cours particuliers. Ce qui importe c'est de ne pas accumuler les lacunes!
  3. Le niveau de difficulté des questions/exercices était "très" élevé: Il faut alors changer la méthode de travail en optant pour une attitude active et en faisant plus de synthèses. Un coaching peut alors être très utile. 
  4. Perte de moyens à cause du stress: Il faut en tout cas envisager de s'auto-évaluer le plus souvent possible, et le faire en verbalisant. S'entraîner à expliquer régulièrement une matière oralement et/ou par écrit en faisant comme si on était le professeur permet de gagner de la confiance, de répéter et donc de mieux assimiler.
  5. Difficultés liées aux QCM (questionnaire à choix multiples): Nous vous renvoyons vers notre article traitant ce sujet en profondeur.
  6. Pas eu le temps de répondre à toutes les questions d'examen: Vous pouvez également lire notre article à ce sujet.

Reste la question 7, qui concerne la consultation des copies d'examens écrits. Il n'est évidemment jamais facile de se retrouver devant la réalité concrète et objective de son échec, et encore moins de devoir entendre les commentaires sévères de l'évaluateur. Reste que trop peu d'étudiants viennent consulter leur examen et profitent donc de cette source précieuse d'informations. 

Même sans les remarques de l'évaluateur un étudiant est capable de reconnaître lui-même ses erreurs: de fond et/ou de forme! 

Il n'est pas rare que l'étudiant ne parvienne pas lui-même à se relire, qu'il ne comprenne plus ce qu'il avait voulu expliquer, qu'il se rende compte qu'il ne répondait pas exactement à la question, etc. Nous ne saurions conseiller assez à tous les étudiants de consulter chaque copie d'examen ayant posé problème!

Nathanaël LAURENT

samedi 31 janvier 2015

Les ingrédients d'un coaching réussi.
















Comment font-ils réussir les étudiants? Enquête auprès des coachs.

Indépendamment de l’enquête réalisée auprès des étudiants (lire notre article précédent), nous avons interrogé les formateurs travaillant pour COGITO afin de faire connaissance avec leur manière concrète de travailler. 80 % d'entre eux avaient une expérience dans le coaching des étudiants, c’est-à-dire le suivi de l’organisation globale (dans toutes les matières) de leur travail d'étude durant l'année. Typiquement, le coach a eu l’occasion de suivre des formations organisées par COGITO et il encadre un ou plusieurs étudiants à raison de 2h par semaine durant minimum 2 mois.

La moitié des formateurs ayant répondu à l’enquête réalisée en octobre dernier exerçaient le coaching depuis un an. 35 % des répondants pratiquaient le coaching depuis plus d’un an. Enfin, 20% n’avaient pas encore d'expérience en la matière.


Selon les coachs actifs, les qualités requises pour mener à bien le suivi d'un étudiant sont (occurrence dans > 50% des réponses): l'écoute, la compétence (tant dans la connaissance des matières que d'un point de vue pédagogique) et la motivation.80% des répondants (coachs actifs et non actifs) associent la réussite du coaching à l'acquisition par l'étudiant d'une méthode de travail valable et 60% d'entre eux l'associent à la réussite des examens . La régularité de l'étudiant et l'entente entre le coach et l'étudiant sont considérés dans une moindre mesure comme des facteurs de réussite du coaching (40% et 35% d'adhésion respectivement).
Pour faire réussir le coaching, 100% des répondants mettent en avant l'importance du planning (quand et quoi étudier), tandis que 83% et 75% d'entre eux relèvent respectivement le rôle crucial de la méthode de travail (comment étudier) et de la qualité des explications. Le fait d'interroger l'étudiant à chaque séance intervient dans la réussite du coaching pour 67% des répondants, et la régularité des rendez-vous pour 58%. Par contre, la disponibilité en dehors des rendez-vous, la première séance et le fait d'être exigent vis-à-vis de l'étudiant dès le 2ème rendez-vous ne contribuent à la réussite du coaching que pour 25 à 30% des répondants.

En ce qui concerne les difficultés que rencontrent les coachs actifs, les plus relevées sont la confusion entre le coaching et le cours particulier, ainsi que le manque de régularité de la part de l'étudiant (mauvaise gestion du temps, pas de vision des objectifs sur le long terme). Globalement, les réponses sont cohérentes et manifestent bien à quel point le travail du coach est conditionné par la mise en place de certains équilibres cruciaux:

  • Apporter des explications de qualité à l'étudiant, MAIS sans que la séance ne se transforme en cours particulier; 
  • En sans inverse, faire acquérir une méthode de travail à l'étudiant et lui apprendre à gérer son temps, MAIS sans oublier de s'impliquer dans l’explication du contenu des matières. 
  • Ecouter, motiver et nouer un bon contact avec l'étudiant, MAIS en gardant le contrôle de l'exigence à son égard (afin qu'il respecte les objectifs et s’approprie la gestion de son temps de travail). 
Que conclure de notre enquête?
L’enquête auprès des formateurs montre qu’à l'unanimité ils considèrent le planning comme outil de première importance dans le cadre du coaching. Par ailleurs, l’enquête auprès des étudiants pointait la gestion du temps comme source importante de difficultés. Le coaching répond donc parfaitement aux besoins des étudiants.

En dehors de cette problématique principale à laquelle répondent donc en priorité les coachs travaillant pour COGITO, une deuxième relation entre ces deux enquêtes peut être relevée : alors que 9% des problèmes rapportés par les étudiants concernent l’autoévaluation (le fait d’évaluer ses connaissances préalablement à l’examen), 67 % des coachs soulignent de leur côté qu’il s’agit d’un élément important contribuant à la réussite du coaching (faire acquérir une bonne méthode de travail). Notre interprétation de ce résultat est la suivante : d’une part, les étudiants qui débutent dans les études supérieures découvrent que l’examen devient dans la grande majorité des cours la seule et en tout cas la principale évaluation ; d’autre part, ils ne réalisent pas que c’est à eux de se charger à présent des évaluations régulières et intermédiaires qui facilitaient grandement leur apprentissage durant les études secondaires. L’efficacité de l’accompagnement des étudiants repose donc en partie sur le fait de les interroger régulièrement et de leur montrer l’importance de l’autoévaluation dans le travail d’étude (et notamment de mémorisation).

Nathanaël LAURENT

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Pour démarrez le second quadrimestre sur de bonnes bases, rien de tel qu'une formation en méthode de travail!
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dimanche 25 janvier 2015

La formation en méthode travail: une source précieuse d'informations.

Enquête: quels problèmes rencontrent le plus souvent les étudiants?

Au fil de nos rencontres avec des centaines d'étudiants dans le cadre de formations en méthode de travail (Journée de formation en méthode de travail ou Blocus Assisté), nous récoltons des informations relativement aux difficultés qu'ils rencontrent et qui justifient leur demande d'aide. Plutôt que de déballer des recettes toutes faites, nous privilégions en effet l'écoute et prenons pour point de départ la réalité vécue par les étudiants. Pour ce faire, nous leur donnons le temps d'exprimer ce qui n'a pas été et de mettre des mots sur les problèmes qu'ils perçoivent.


Voici un aperçu des problèmes les plus fréquemment rencontrés. Si l'enquête ne nous révèle rien d'extraordinairement nouveau (tous ces problèmes sont bien sûrs connus), elle peut néanmoins nous faire réfléchir à la manière dont les étudiants interprètent leurs difficultés (en les sous-estimant parfois) et à la façon dont certains problèmes s'articulent entre eux.

Du point de vue méthodologique, nous nous sommes penchés sur les difficultés exprimées par 136 étudiants participant à une formation en méthode de travail. Il s’agissait d’étudiants de baccalauréat interrogés à la suite d'une session d'examens. Plus précisément, la consigne donnée aux étudiants était la suivante : "formulez en quelques mots, une phrase maximum, mais le plus précisément possible, le ou les problème(s) qui, de votre propre point de vue, a(ont) fait obstacle au bon déroulement de votre travail d’étude". 

Le graphique n°1 présente la fréquence de différents types de problèmes au sein des réponses écrites par ces étudiants. En respectant au maximum la formulation des réponses, nous les avons rassemblées au sein de 11 catégories.

Parmi les problèmes rencontrés le plus fréquemment on trouve bien entendu la méthode de travail (31%): c'est en effet la raison principale de leur présence à nos formation. Viennent ensuite  la gestion du temps (29,5 %), la mémorisation (24 %) et la concentration (23 %). Au sein du groupe de réponses rassemblées sous l’intitulé « trouver une méthode de travail », nous observons que 24 % d'entre elles concernent le fait de se demander si la méthode doit être adaptée à la matière étudiée ou plutôt à la personne qui l'étude.


Le graphique n°2 permet de préciser la nature des problèmes associés aux examens. Il montre que 50 % des problèmes relatifs aux examens concernent les questionnaires à choix multiples (QCM).


Que retenir de ces résultats? Les problèmes que nous relevons concernent essentiellement l’organisation du travail d’étude personnel de l’étudiant, tâche pour laquelle il est livré à lui-même et manque cruellement de repères. Des problèmes liés à la compréhension des matières n’ont été que très marginalement exprimés par les étudiants et n’apparaissent pas dans notre tableau. Vis-à-vis de ces derniers problèmes, l’étudiant sait en effet qu’il recevra d’une manière ou d’une autre une aide extérieure satisfaisante. Par contre, en ce qui concerne le fait de savoir quand, quoi et comment étudier, l’apprenant se sent bien d’avantage en danger, ne sachant pas s’il pourrait être aidé et où trouver cette assistance.

Il n’est pas facile d’ouvrir cette boîte noire qu’est la « méthode de travail », sorte d’écran derrière lequel les étudiants se réfugient pour faire part de leurs difficultés. De fait, un peu moins d’un tiers des réponses (31 %) renvoient à ce problème global consistant à trouver une manière adéquate de travail.

Notre enquête permet pourtant de cerner plus précisément des difficultés que rencontrent les étudiants : « gérer son temps », « mémoriser », « se concentrer », « rentabiliser son travail », « sélectionner l’information pertinente », sont autant de points sensibles qui s'articulent pour mettre en évidence le coeur même de la méthode de travail. Ainsi, rentabiliser ne signifie rien d’autre que gérer son temps de telle sorte qu’étant pleinement concentré, l’étudiant parvienne à mémoriser un maximum d’informations pertinentes en un minimum de temps. Le problème central relève donc le plus souvent de la gestion du temps!


Notre expérience nous permet également de dire que les difficultés relatives à l'autoévaluation et à la motivation sont certainement sous-évaluées par les étudiants. En effet, une part importante de notre formation sera consacrée à ces 2 piliers importants de la méthode de travail: d'un côté, la motivation entraînera l'intérêt qui, lui même, éveillera la capacité à se poser des questions (moteur indispensable du travail d'étude); d'un autre côté, l'autoévaluation doit remplacer les interros organisées par les profs durant les études primaires et secondaires, et c'est elle qui structure le travail durant une période comme le blocus.

La question de savoir si la méthode est déterminée par soi ou par la matière, est un autre élément intéressant. Les étudiants manifestent ainsi leur ignorance relativement à la manière d’organiser leur travail d’étude qui permettrait d’accorder les exigences de chaque professeur, les spécificités de chaque matière et leurs propres habitudes. En effet, ils n'apprennent souvent pas  à s’approprier les objectifs fixés par chaque professeur dans chaque matière (via la préface, l’introduction et la table des matières d’un syllabus, par exemple), avant de vérifier si leurs habitudes d’apprenant (lire, écrire, parler, faire des résumés, etc.) sont susceptibles ou non de les leur faire atteindre. Prenons un exemple : lire n’est suffisant que si la compréhension de la matière est seulement exigée (ce qui n'est bien entendu presque jamais le cas!) ; par contre si les objectifs à atteindre impliquent un travail de mémorisation, la lecture ne sera jamais suffisante.

Enfin, concernant les examens, le résultat de l’enquête laisse clairement apparaître que les étudiants ne sont pas préparés à cette forme d’évaluation qu’est le questionnaire à choix multiples. Or on constate que face à l’accroissement du nombre d’étudiants dans certaines filières d'études supérieures, les professeurs emploient de plus en plus le QCM, qui est particulièrement adapté à l’évaluation de grands groupes (correction automatique de grilles optiques ; objectivité accrue ; etc.). Paradoxalement, les étudiants ne reçoivent aucune formation concernant la manière de gérer ce type d’examen qu’ils n’ont le plus souvent pas rencontré dans le secondaire (lire notre article à ce sujet).


Nathanaël LAURENT

mercredi 31 décembre 2014

Le temps c'est des points!

Apprenez à bien gérer votre temps durant l'examen.

Après une période de préparation intense (le blocus!), il faut affronter la session d'examens et pas de n'importe quelle manière. Prendre quelques minutes pour anticiper son comportement durant ces épreuves n'est certainement pas inutile. Ce qui importe à l'étudiant c'est de mettre au maximum en valeur ses acquis: qu'il soit totalement prêt ou presque prêt, ou encore en retard sur telle ou telle partie de la matière, il faut qu'il utilise à 100% les ressources qu'il a emmagasinées. A nouveau il sera question de gestion du temps... et oui, c'est bel et bien la qualité principale de celui qui vise la réussite dans ses études.

Rappelons pour commencer comment se présentent les examens:
  • 2 manières d'être évalué: par écrit ou oralement
  • 2 catégories de questionnaires écrits: avec questions ouvertes et/ou questions à choix multiples (QCM)
  • 3 types de questions écrites: ciblées (réponses très courtes), générales (élaborer un texte avec ou sans schémas au sujet d'un élément du cours) ou transversales (faire des liens entre les infos vues dans toute la matière)
  • 2 phases de concentration à bien distinguer: la 1ère concerne le fond (tout ce dont l'étudiant se rappelle et qui pourrait servir à élaborer une réponse) et la 2de concerne la forme (la manière dont il convient d'organiser et de présenter la réponse pour répondre aux attentes du professeur)
Ceci étant établi, reprenons une à une les 3 grandes catégories d'examens et réfléchissons à la meilleure manière de gérer son temps pour chacune d'elles:

1. L'examen écrit, questions ouvertes:
- Premièrement, il convient de mettre en garde les étudiants: à leur insu ou non le professeur peut utiliser la durée de l'examen comme moyen d'évaluation! En effet, s'il prévoit un temps de réponse court pour chaque question il favorise de la sorte les étudiants qui maîtrisent le mieux la matière.
- Deuxièmement, avant de rentrer dans la 1ère phase de concentration (voir ci-dessus), il importe de faire un rapide état des lieux du questionnaire:
  • Repérer les questions ciblées, qui appellent des réponses courtes et rapportent souvent peu de points, et les questions générales/transversales qui exigent une réponse plus élaborée et rapportent normalement beaucoup de points.
  • Repérer parmi les questions générales/transversales, celles qui semblent plus compliquées, surprenantes, voire hors du champ de la connaissance acquise. Cette étape permet de déjà lire une première fois certains énoncés.
- Enfin, une bonne gestion du temps respectera les consignes suivantes:
1° Commencer par répondre aux questions générales/transversales qui rapportent beaucoup de points et auxquelles on peut répondre. Il faudra veiller à faire un plan de réponse au brouillon afin de ne pas négliger la 2de phase de concentration (voir ci-dessus).
2° Ensuite répondre aux questions ciblées qui prennent moins de temps et que l'on peut encore traiter même en dernière minute.
3° Enfin, occuper le temps restant soit à traiter les questions générales/transversales auxquelles il paraissait à 1ère vue difficile de répondre (ce cas de figure doit évidemment rester le plus exceptionnel possible), soit à relire les réponses déjà rédigées en cherchant les erreurs et en se focalisant au maximum sur la présentation (orthographe, syntaxe, ponctuation, éléments importants soulignés, etc.)... il ne sert effectivement à rien de relire sans se mettre à la place de celui qui corrige!

2. L'examen écrit, QCM:
- La première remarque faite au sujet de l'examen écrit avec questions ouvertes est toujours valable: il peut arriver qu'un examen dure 60 minutes et comprennent au moins 60 questions avec pour chacune 5 propositions!
- Ensuite, la règle d'or du QCM à points négatifs est de répondre à un minimum de question (lire notre article à ce sujet). Pour ce faire, l'étudiant pourra s'aider d'un code à 3 sigles permettant de traiter rapidement les questions qu'il parcourt linéairement, et de revenir éventuellement sur celles qui suscitaient une hésitation: Le "V" indiquera qu'une réponse a été trouvée avec un haut degré de certitude; le "?" indiquera que la question suscite une hésitation entre 2 propositions ou plus; enfin une "X" signifiera que la question est trop difficile et qu'elle ne pourra entraîner qu'une perte de temps. Si l'étudiant a encore le temps, il pourra rapidement comptabiliser le nombre de points positifs acquis (le nombre de "V") et mesurer ainsi le risque qu'il doit ou non prendre par la suite.
- Enfin, quelques petit conseils supplémentaires peuvent être proposés:
  • Quand c'est possible, répondre à la question (au brouillon) avant de lire les propositions.
  • Souligner dans chaque proposition des mots-clés tels que ceux qui marquent une extension: "parfois", "souvent", "toujours", "jamais", "partout", "certains", "tous", etc.
  • Repérer les marques de négation (simple ou double) et comparer les propositions négatives et/ou affirmatives.
3. L'examen oral:
- Il est souvent possible de préparer certaines questions et il faut toujours essayer de savoir ce que va faire le professeur avec la préparation: soit il la lit et il faut dès lors qu'elle soit soignée (en fait il s'agit ici d'une sorte d'examen écrit avec questions générales/transversales), soit il demande tout simplement à l'étudiant d'exposer oralement sa/ses réponses et la préparation est alors considérée comme une sorte de brouillon. Le professeur donnera toujours une indication sur le temps de préparation minimal.
- La gestion du temps est beaucoup plus délicate lorsque le professeur pose à l'improviste une ou plusieurs questions supplémentaires à l'étudiant, le baladant dans la matière et évaluant ainsi jusqu'à quel degré de précision il maîtrise cette dernière. Le mot d'ordre est ici: rassurer (lire notre article à ce sujet)!
L'étudiant doit prendre le temps de rassembler les informations utiles pour répondre, mais il ne peut pas prendre non plus trop de temps, car alors l'interrogateur s'impatienterait et pourrait donner lui-même des éléments de réponse. Le truc consiste donc à rapidement donner un indice indiquant au professeur que l'on a compris l'enjeu de la question et que l'on chercher réellement à élaborer une réponse. Il ne pourra dès lors pas interpréter le silence comme un signe d'ignorance et l'étudiant aura le temps de compléter progressivement sa réponse.

Nathanaël LAURENT
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Pour découvrir comment gérer de manière optimale les examens, lisez notre facilitateur d'étude "J'assure les examens".

vendredi 19 décembre 2014

Réussir son blocus nécessite de faire les bons choix

"Tu peux être invincible, si tu n'engages jamais aucun combat où il ne dépende pas absolument de toi de vaincre." (Epictète)

A chaque matière sa méthode!

L'objectif de cet article est de montrer aux étudiants l'importance d'adapter leur méthode de travail à chaque type de matière qu'ils devront apprendre durant le blocus. Il s'agit donc pour chaque cours d'opérer un choix (comment vais-je étudier cela?), et plus fondamentalement il s'agit donc d'apprendre à discerner ce sur quoi nous pouvons agir. Dans un premier temps nous allons analyser un tel fondement. Ensuite nous aborderons l'action de choisir pour chaque type de matière une méthode appropriée.

Epictète, philosophe de l'école stoïcienne (1er et 2è siècles ap. J-C.), nous livre des pensées dignes d'inspirer encore de nos jours les étudiants les plus motivés à l'approche du blocus d'hiver. Sa pensée la plus célèbre, et celle qui nous servira ici de point de départ, est la suivante: "De toutes les choses du monde, les unes dépendent de nous, les autres n'en dépendent pas. Celles qui en dépendent sont nos opinions, nos mouvements, nos désirs, nos inclinations, nos aversions; en un mot, toutes nos actions."


Toutes sortes de choses échappent ainsi à la volonté des étudiants: le fait de devoir présenter et réussir des examens, les modalités pratiques de ces derniers (durée, nombre de questions et degré de difficulté, avec ou sans questionnaires à choix multiples, etc.), la durée du blocus, le fait qu'une journée comprenne 24h, etc. On pourrait encore ajouter le fait que ce blocus d'hiver est traditionnellement jalonné de festivités dont profiteront certainement toutes les personnes n'appartenant pas à la catégorie "étudiant".

Mais ce qui importe c'est de discerner, comme Epictète nous enjoint à le faire, "toutes nos actions", à savoir toutes ces choses qui dépendent de notre volonté et qui exigent donc de notre part un véritable choix. Concrètement, voici les 5 choix que doit poser l'étudiant afin de mener efficacement son blocus:
  • Sur les 16 heures disponibles chaque jour du blocus (envisageons que 8h soient réservées au sommeil), combien de temps il consacrera à l'étude et combien à la détente;
  • Durant quelle période de la journée (matin? après-midi? soir? nuit?) il va surtout concentrer son travail d'étude;
  • Dans quel environnement il va travailler pour être le plus rentable possible: dans sa chambre, dans une salle de bibliothèque, avec l'aide d'un répétiteur, loin du gsm, des séries télé et autres distractions, etc.
  • Dans quel ordre il va étudier ses cours (par quoi commencer?);
  • Pour chaque matière, comment il va s'y prendre pour rencontrer les exigences du prof;
Nous y voilà! C'est à ce dernier point que nous voudrions à présent porter attention. C'est qu'il s'agit d'un facteur clé susceptible de passer inaperçu aux yeux de certains étudiants... Trouver la méthode de travail qui convient à chaque matière requiert de se poser 2 questions essentielles:

1. Avec quel(s) support(s) vais-je étudier?
Distinguons plusieurs cas de figure:
- Les notes de cours sont le support principal: il faut que vos notes soient les plus complètes possible (aidez-vous éventuellement de résumés ou de notes partagées sur des réseaux sociaux)
- Le syllabus qui accompagne le cours est complet et en format "texte"
- Le syllabus est complet et en format "diapositives" (lire notre article à ce sujet)
- Le professeur se sert d'un ou plusieurs livre(s) de référence

Dans tous les cas il faudra éviter de perdre son temps à lire (relire, re-relire) ou à faire des résumés. Le travail d'étude efficace consiste bien plutôt à s'interroger sur les objectifs du cours, sur sa structure (plan, fil conducteur), et à faire des synthèses (voire notre article qui explique pourquoi des synthèses valent mieux qu'un résumé)! 

2. Comment le prof va-t-il m'évaluer lors de l'examen?
Pour ce qui est de l'évaluation, il importe de chercher au plus vite des informations relatives à l'examen:
-  Il ne pourra se présenter que sous 3 formes: oral, écrit avec questions ouvertes, écrit avec questionnaire à choix multiples (les 2 dernières formes peuvent être combinées)
- Il comprend: pas, peu, beaucoup ou exclusivement des exercices.

Deux remarques très importantes doivent ici être introduites:
- Premièrement, il ne s'agit pas de simplement refaire les examens d'années antérieures (si vous en possédez), de juste vérifier que vous savez répondre à quelques exemples de questions données par le prof, ou encore à des questions "tuyaux" partagées par d'autres étudiants. Ce qui compte c'est de se familiariser avec les TYPES de questions dont le prof se sert pour évaluer ses étudiants: questions ciblées, mises en situation, questions transversales, etc. 
Voici un réflexe que tout étudiant devrait acquérir: à partir d'un exemple de question d'examen donné, commencer à imaginer toutes ses variantes possibles!

- Deuxièmement, en lisant "exercice" vous songez sans doute à tout ce qui ne rentre pas dans la catégorie "théorie". Or il importe de bien réaliser que mémoriser la théorie consiste également en un exercice! 

Ainsi, pour les cours de mathématique, physique, chimie, statistique, et autres matières appliquées, étudier signifie 1° comprendre la théorie, 2° refaire soi-même les raisonnements qui conduisent aux principes, lois et autres explications/démonstrations, et 3° faire des exercices d'application (nouveaux, de plus en plus difficiles, et toujours en évitant de s'aider de la réponse). Idem pour les matières appliquées des sciences humaines (versions latines, casus de droit appliqué, etc.).

Mais pour les cours dits "théoriques" (sciences du vivant, histoire, certains cours de droit et de sciences économiques, etc.), l'exercice consistera à faire des synthèses (voir plus haut) et à s'en servir pour apprendre à expliquer soi-même la matière: l'étudiant doit alors jouer le rôle du prof! La mémorisation à long terme repose en fait sur 3 piliers: l'intérêt pour la matière, la capacité à faire des synthèses, la répétition du jeu de rôle consistant à se mettre à la place du prof.

Reste encore les cours de langue qui allient connaissances théoriques (grammaire) et pratique: n'apprenez pas "par coeur" des listes de règles de grammaire ou de mots de vocabulaire, mais inventez plutôt des situations qui vous permettent de converser. Autrement dit, créer vous-même des phrases et arrêtez-vous de temps en temps pour justifiez chaque forme grammaticale employée.

Nathanaël LAURENT

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Tip of the week! Avez-vous songé à l'étude en groupe? Travailler ensemble peut favoriser la compréhension et stimuler l'intérêt pour l'étude.
Expliquer aux autres améliore notre propre compréhension de la matière et nous fait gagner de l'assurance... Découvrez notre formule de blocus qui permet tout cela!